La violence des gangs alimente un exode de la capitale haïtienne

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Voiture de police Haïti
©Valérie Baeriswyl / AFP

Plusieurs milliers d'Haïtiens ont fui leur domicile depuis le début de l'année face aux affrontements entre gangs dans Port-au-Prince, s'inquiètent des acteurs humanitaires qui redoutent une aggravation des tensions au cours des prochains mois. 

"Est-ce qu'il y aura une accélération de ces violences qui vont entraîner encore plus de déplacements dans les prochaines semaines ou les prochains mois ? C'est la plus grande question", s'interroge Bruno Lemarquis, coordinateur des affaires humanitaires de l'ONU en Haïti.

Des maisons incendiées, des milliers d'habitants sans domicile

Près de 10 000 habitants des quartiers défavorisés de la capitale ont dû quitter leurs logements en raison de violences ou d'incendies, selon un recensement des agences des Nations Unies. 
Théâtre d'affrontements récents, le quartier de Martissant s'est, depuis une semaine, vidé d'une partie de sa population, partie se réfugier notamment dans la commune voisine de Carrefour.
Des vidéos publiées par des riverains sur les réseaux sociaux ont montré des dizaines de personnes sortant précipitamment de ce quartier où résonnaient des rafales d'armes automatiques. 
"Sont logés aujourd'hui au gymnasium du centre sportif de Carrefour 1 120 personnes dont 450 enfants et près de 600 femmes et filles qui vivent dans des conditions extrêmement précaires", a détaillé mardi Bruno Maes, représentant de l'Unicef en Haïti. 
"Près de 100 de ces ménages ont vu leurs maisons incendiées volontairement. Ils ont à peine eu le temps de partir et de prendre quelques affaires, parfois pas même leurs chaussures", ajoute-t-il.
"Ces 1 120 (personnes, NLDR) ne sont que la pointe de l'iceberg", estime Bruno Maes, affirmant que "des milliers d'autres déplacés" ont trouvé refuge ailleurs.

Des gangs contrôlent la route nationale

L'aide humanitaire provenant de Port-au-Prince a dû être transportée par hélicoptère vers la ville voisine, car des gangs contrôlent la route nationale qui traverse le quartier de Martissant sur deux kilomètres.
"Les enfants sont exposés aux maladies. Ils ont déjà perdu une semaine de jours de classe et ceux d'entre eux qui devaient tenir leurs examens de fin d'année cette semaine ne seront pas en mesure de le faire", déplore Bruno Maes.
Pourtant situé à quelques centaines de mètres du palais présidentiel, le quartier de Martissant est largement contrôlé par des bandes armées.
Aucun bilan officiel de ces récentes violences n'a été établi mais dès dimanche, dans un communiqué, l'ONU a évoqué "de nombreux morts et blessés".