Lamentin et Goyave, théâtres de la 4e étape du Tour cycliste de la Guadeloupe

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Vue sur la baie de Blachon, Lamentin
Vue sur la baie de Blachon, Lamentin ©Ville de Lamentin
Nichées au coeur de la Basse-Terre, les communes de Lamentin et Goyave accueilleront la 4e étape : le départ pour la première, l'arrivée pour la seconde. Au total, 145 kilomètres.

Appelé "la commune aux sirènes", Lamentin d'une superficie totale de 65,6 km2 accueillera le départ de la 4e étape, ce lundi 8 août 2022. Jocelyn Sapotille est le maire de la commune. 

Le lamantin, inspiration de la commune 

La commune du Lamentin apparaît dans les livres à partir du XVIIIe siècle. Fondée en 1720 dans une zone marécageuse, elle tire son nom d'un herbivore des mers, le lamantin, très présent dans les eaux du Grand Cul-de-sac marin. Il est d'ailleurs à l’origine de nombreuses légendes portant sur les sirènes.
Longtemps chassé par les Amérindiens notamment pour la qualité de sa viande, le cuir de sa peau ou encore sa graisse, le lamantin a été surexploité à partir du XVIIe siècle jusqu’à disparaître totalement des Petites Antilles. 

Lamantin des Caraïbes
Lamantin des Caraïbes ©Albert kok

A cette même période, le Père Labat songe à faire de la commune, la capitale de la Guadeloupe, en y créant un centre portuaire de grande envergure.

Il peut s'appuyer sur une activité économique tournée vers le café, le cacao, la canne à sucre et la culture du coton. 

L'un des atouts de la commune est sa source thermale qui a donné naissance au centre de Ravine chaude...

Des vestiges de la grande époque sucrière sont également au Lamentin, parmi lesquels l'usine de Grosse Montagne. 

C'est aussi dans la commune que l'on retrouve le plus grand nombre d'œuvres de l'architecte Ali Tur. Pour exemple, l'église de la Sainte-Trinité, dans le bourg. A quelques mètres, le monument aux morts ou la mairie, sont aussi des travaux de l'architecte. 

Église de la Sainte-Trinité de Lamentin
L'église de la Sainte-Trinité de Lamentin ©Enrevseluj
Mairie de Lamentin
Mairie de Lamentin ©Ville de Lamentin

On y trouve également un monument historique. Depuis 2013, l'Habitation Routa est classée... Un nom qui remonte au moins au XIXe siècle. Achetée par Louis Adolphe Routa, en 1837. Elle est aujourd'hui la propriété de la famille Wachter, depuis 1920.

L'Habitation Routa fait partie des 269 sites en péril retenus en 2018 par la mission Stéphane Bern pour bénéficier des gains du loto du patrimoine. 

Habitation Routa
Habitation Routa ©Aristoi

Une commune sportive

La commune compte l'un des clubs cyclistes les plus titrés de Guadeloupe : l'Uni sport lamentinois. De grands champions ont couru sous les couleurs de l'USL. Reconnaissables en rose bonbon. Humbert Aristée, Eric Zubar, Cédric Locatin sont passés par ce club. 

Le Stade Lamentinois, club de football ou d'athlétisme. C'est d'ailleurs dans ce club qu'a eu sa licence, durant de nombreuses années, le hurdler Wilhem Belocian, champion d'Europe en salle en 2021 en Pologne. 

Ville de Goyave
Ville de Goyave ©Ville de Goyave

Cette 4e étape arrivera à Goyave, ville du maire Ferdy Louisy. 

Goyave, entre terre et rivière

Des vestiges retrouvés à Sainte-Claire en 2015, dans la commune de Goyave, témoignent d'une occupation humaine à l'époque précolombienne, entre 500 et 1200. Les archéologues ont mis au jour le premier moulin à eau jamais découvert en Guadeloupe

Après l'arrivée des Européens en Guadeloupe, la colonisation du territoire est attestée dès le XVIe siècle. L'agriculture se développe dans la commune autour de la Petite rivière à Goyave. 

Lorsque la paroisse est fondée à la fin du XVIIème siècle, la ville porte alors le nom de Sainte Anne de la Petite Rivière. Les nombreux goyaviers attirent les premiers colons. Ces derniers installent rapidement sur le territoire de la commune de vastes plantations sucrières.

Au cours du XIXe siècle Goyave subit de nombreuses catastrophes. Les cyclones de 1825 et 1865 et deux tremblements de terre de 1843 et 1851.

Ce sont les nombreux goyaviers situés le long de la principale rivière qui descend de la forêt tropicale qui ont donné à la commune son nom.

Un tourisme tourné vers la nature

La commune est tournée vers le tourisme vert également grâce à sa nature luxuriante. Les touristes peuvent y découvrir un site labellisé écotourisme par le Parc national de Guadeloupe, le Jardin d'Eau de Blonzac. 

Jardin d'Eau de Blonzac
Jardin d'Eau de Blonzac ©Jardin d'Eau de Blonzac

Goyave est aussi un lieu privilégié des randonneurs. Ils peuvent se rendre sur les Chutes de Moreau ou celles du saut d’eau de Bras-de-fort.

La chute de Bras-de-Fort
La chute de Bras-de-Fort, Goyave ©Filo gèn'

L’activité économique de Goyave reste principalement marquée par l’agriculture. Les plantations sucrières ont progressivement été remplacées par les bananeraies. La ville s’est aussi engagée dans le développement de l’aquaculture.

Le volley-ball, roi à Goyave

La commune accueille de nombreux clubs de sport, mais c'est le volley-ball qui est roi. Le club, l'US Goyave, domine, pendant plus d'une décennie la compétition. Régulièrement sacré chez les hommes et chez les femmes.

En cyclisme, l'USCG est la formation de référence. Les frères Urcel, Damien et Adrien sont les fers de lance de l'équipe. Une équipe qui participe au 71e Tour cycliste de la Guadeloupe.