Lancement du comité chargé de l’accompagnement des personnels de santé suspendus en Guadeloupe

coronavirus
Mise en place du comité chargé de l accompagnement des personnels de santé suspendus
©Gessy Blanquet
La Guadeloupe, où la contestation ne faiblit pas sur le front de l'obligation vaccinale. 8% des personnels soignants non vaccinés sont aujourd'hui suspendus. Un comité d'accompagnement coordonné par Florus Nestar a été mis en place. Le plan d'action a été dévoilé, ce mercredi 29 décembre.

Les personnels de santé des Antilles réfractaires à l'obligation vaccinale à laquelle ils sont astreints seront "suspendus" au 31 décembre et pourront "s'orienter vers un nouveau métier" via une "cellule d'accompagnement et de reconversion professionnelle", indiquait le 20 décembre dernier, le ministère des Outre-mer.

Plus de 570 inscriptions

Une annonce plus que jamais d'actualité pour les plus de 1 000 personnes suspendues dans l'archipel. 
Des "instances d'écoute et de dialogue pour les professionnels de santé non-vaccinés" ont été installées et sont "opérationnelles" en Guadeloupe et en Martinique depuis le 6 décembre. 

Ce mercredi matin, le comité chargé de l’accompagnement des personnels de santé suspendus, chargé d'effectuer le travail de reconversion de ces soignants, a été lancé. Composé de représentants de la préfecture, de l'Agence régionale de santé, des acteurs du secteur de la santé ainsi ainsi que des principaux acteurs des politiques de formation, d’emploi, d’insertion et de reconversion, il est coordonné par le directeur général de LADOM, l'agence de l'Outre-mer pour la mobilité, Florus Nestar. 

Le Guadeloupéen, s'il a fait sa carrière dans l'hexagone, a déjà eu à travailler chez lui. En juillet 1998, alors affecté à la direction des hôpitaux, à Paris, il avait été missionné pour servir de facilitateur, alors qu'une grève paralysait depuis plusieurs semaines, le CHU, à l'époque. 

C'est donc une nouvelle mission pour Florus Nestar qui s'estime opérationnel pour mener à bien ce dossier. 

Pour l'heure, sur les quelque 1 000 soignants suspendus, plus de 575 ont fait la démarche de s'inscrire sur la plateforme, soit un soignant sur 2. 
La date butoir du 21 décembre a été repoussée au 31 décembre. 

L'inscription est ainsi le point de départ du processus durant lequel le soignant accepte de s'entretenir avec un psychologue, en vue d'une décision finale. Un processus en plusieurs étapes, explique Florus Nestar : 

©Guadeloupe

Durant cette période de réflexion, le soignant verra lever momentanément sa suspension de rémunération. 

Plusieurs leviers ont déjà été identifiés : le bilan de compétences, la formation, la procédure de reconversion professionnelle, la rupture conventionnelle, la retraite anticipée, l’accompagnement de projet.

Dans de nombreux cas, la proposition de l’État, pour les agents publics, sera plus attractive que les dispositifs de droit commun, notamment en ce qui concerne l’indemnité de rupture conventionnelle qui prendra en compte la surrémunération. Quant aux personnels qui ne souhaiteront pas entrer dans ce dispositif, ils resteront suspendus mais pourront bénéficier de l’application du droit commun.

Dans tous les cas, il est important pour Florus Nestar que toute personne actuellement suspendue soit dans un parcours d'ici fin février. 

L'inquiétude d'une salariée suspendue

Et parmi ces personnes faisant l'objet de suspension, Marie-France Félicie-Dellan. Elle est technicienne de laboratoire à l'Etablissement français du sang.

A (re) voir le reportage de Claudia Ledezert et Jean-Marie Mavounzy :