Le malaise du corps médical hospitalier face à la crise sociale

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Les soignants de Pointe-à-Pître
©DLE.
Le conflit social donne une image déplorable de la Guadeloupe au point que des soignants de l’hexagone renoncent à venir effectuer leur internat au CHU de la Guadeloupe. Pire ! Des médecins démissionnent et quittent le territoire.

Racket, insultes, agression physique… Une dizaine de médecins a écrit au directeur du CHU de la Guadeloupe pour lui exposer les violences dont ils se disent victimes.
Dans ces courriers que nous avons pu consulter, un interne en néphrologie raconte par exemple avoir été agressé à l’entrée du CHU par des grévistes. Un médecin de l’institut médico-légal a été agressé alors qu’il était encore dans sa voiture, une interne d’ORL a retrouvé après sa nuit de garde les 4 pneus de sa voiture crevés. Idem pour un médecin en chirurgie orthopédique et raumatologie. Une cadre a été choquée de se voir demander des faveurs sexuelles par un manifestant en échange d’un pass... un pass pour franchir un barrage routier aux Abymes.

Ils sont nombreux à avoir déposé plainte et à en avoir informé leur hiérarchie. La direction qui les soutient dans cette démarche.

Une volonté croissante de quitter la Guadeloupe

Dans leur courrier, certains vont plus loin et mettent tout simplement fin à leur contrat. Urgentiste, généticien, au total ce sont déjà 5 professionnels de santé non titulaires qui ont démissionné et d’ores et déjà quitté le territoire. 

Et c’est sans compter les médecins remplaçants qui devraient déjà être en Guadeloupe et qui ont renoncé à venir.

La situation est critique également au CHBT. La direction constate que les infirmiers « sacs à dos », ceux qui viennent pour des contrats de quelques mois, ne postulent pas.

Ce conflit risque d’accentuer encore un peu plus la perte d’attractivité du territoire. Alors la direction se raccroche à ses chantiers qui avancent malgré tout : le nouveau scanner livré en temps et en heure au CHBT, l’IRM en bonne voie et le nouveau bloc opératoire.