Les apiculteurs sont dans leurs ruchers

économie
Esaïe Guillaume
Apiculteur professionnel, Esaïe Guillaume exploite 110 ruches. ©J. Champion
Pendant le confinement, les activités apicoles restent autorisées, y compris la transhumance des ruches, pratiquée en Guadeloupe entre avril et mai pour la saison du miel de tandakayou. 
Les abeilles n’attendent pas ; les fleurs non plus… Comme les agriculteurs, les apiculteurs continuent à travailler en cette période de confinement et de couvre-feu. Le ministère de l’Agriculture a publié, le 27 mars, une circulaire qui liste toutes les activités apicoles restant autorisées (dans le respect des mesures générales de prévention du Covid-19). 

« L’intervention de l’apiculteur est essentielle au maintien du cheptel apicole, à la pérennité des exploitations et au maintien du service de pollinisation ».

Des activités dépendantes de la saison

 
Fleur de tandakayou
Le tandakayou, arbre mellifère de la Côte-sous-le-Vent, fleurit de la mi-avril à la fin juin. ©J. Champion
Visites régulières des ruchers (dont les visites sanitaires), gestion des essaimages, transhumances, récolte des produits de la ruche, élevage de reines, constitution de colonies… la plupart des interventions non collectives sont maintenues, sachant que le travail dans l’apiculture est généralement solitaire. « Certaines activités apicoles sont dépendantes de la saison et ne peuvent être décalées dans le temps sans menacer les colonies, leur état sanitaire et les récoltes », souligne la note d’instruction du ministère. Sont également autorisés l’approvisionnement en matériel apicole (cire, cadres…), l’extraction et le conditionnement du miel, mais aussi la vente des produits de la ruche. 
 

Professionnels et amateurs

Ces dispositions concernent tous les apiculteurs, qu’ils soient professionnels, pluriactifs ou amateurs. Pour leurs déplacements, ils doivent se munir de l'attestation de déplacement dérogatoire (comme chacun), mais aussi de l'attestation de ruches complète (avec la mention des emplacements des ruchers), et de l'instruction technique de la Direction générale de l'alimentation du 27 mars 2020 (ministère de l'Agriculture).


Esaïe Guillaume, apiculteur professionnel basé à Morne-à-l'Eau, gère une exploitation de 110 ruches :
Esaïe Guillaume et ses miels
©J. Champion

« L’apiculteur qui ne veut pas rater sa saison doit être sur le terrain et travailler dans ses ruchers ».

 

On écoute Esaïe Guillaume

La transhumance, pendant le couvre-feu

Ruche sur brancard
Chargement d'une ruche, à l'aide d'un "brancard", pour le transfert, de nuit, vers la Côte-sous-le-Vent. ©J. Champion
La transhumance des ruches est l’une des activités apicoles qui peuvent être maintenues, selon la circulaire du ministère de l’Agriculture. Elle est justement pratiquée en Guadeloupe, entre avril et mai, pour transférer les colonies de la Grande-Terre vers la Côte-sous-le-Vent, où fleurit le tandakayou, arbre mellifère qui fournit généralement plus de 60 % de la production annuelle de miel. Ce transport qui se fait la nuit, lorsque toutes les butineuses sont rentrées dans les ruches, est donc autorisé, malgré le couvre-feu. Les apiculteurs interviennent à deux pour charger les ruches, à l’aide d’un outil appelé « brancard ». Une intervention qui permet de maintenir les distances de protection sanitaire, face au COVID-19. 
Chargement ruches
Le temps du trajet entre la Grande-Terre et la Côte-sous-le-Vent, les abeilles sont confinées dans leurs ruches. ©J. Champion


 
Ventes de miel au ralenti
Si les apiculteurs poursuivent leurs activités de production, la commercialisation de leur miel et des autres produits de la ruche, elle, est rendue compliquée par les mesures d'urgence sanitaire. Beaucoup d'apiculteurs vendent habituellement sur les marchés, fermés aujourd'hui dans la plupart des communes. La vente directe se fait encore tant bien que mal entre les producteurs et leurs clients habituels. 
D'autres solutions se mettent toutefois en place. Exemple : la SICAPAG (coopérative maraîchère basée à Colin Petit-Bourg) intègre désormais des bouteilles ou pots de miel dans les "paniers" qu'elle livre aux particuliers.
Autre avancée en cours : la SICA "Myèl Péyi Gwadloup", qui commercialise le miel des apiculteurs de Guadeloupe, est en discussions avec le groupe de distribution Carrefour GBH pour faire référencer le miel de la production locale dans les rayons de ses grandes surfaces. Ces pourparlers se déroulent au sein d'Iguavie, l'Interprofession guadeloupéenne de la viande et de l'élevage. 
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