Les restaurateurs de la marina de Saint-François ont la tête sous l’eau

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©L. Gaydu

Avec ce nouveau confinement en Guadeloupe, les victimes restent les mêmes. Commerçants et restaurateurs doivent de nouveau fermer leurs établissements qui, depuis février dernier, ne voient plus de touristes. Les restaurants de la marina de Saint-François ne s’en sortent plus...

En arrivant à Saint-François, le calme est stupéfiant. La ville semble inhabitée, manquant de vie comme lors d’un dimanche. Près de la marina, toutes les grilles sont baissées sur la vingtaine de restaurants de la zone. S’ils pouvaient jusqu’à présent rester ouverts le midi, laissant la possibilité aux clients de manger sur place jusqu’au couvre-feu de 19 h, c’est désormais terminé. Le préfet l’a précisé lors de sa conférence de presse samedi 24 avril :

« Seule la vente à emporter sera permise lors de ces trois prochaines semaines ».


Le problème : trois semaines de fermeture, certains restaurateurs ne pourront pas se le permettre. Survivre avec un seul service était déjà compliqué pour bon nombre d’entre eux, mais la situation devient invivable.

C’est le cas de Loïc Kervoern, président de la SAS Black Pearl, un restaurant et bar « lounge » situé près de la Marina. Pour les restaurants qui jusqu'à présent n'étaient pas fermés le midi, il n'était pas possible de bénéficier de toutes les aides proposées par l'Etat. Pour Loïc Kervoern, il est presque impossible de sortir la tête de l’eau. La seule solution pour sauver les restaurateurs selon lui : effacer les dettes.

Loïc Kervoern, restaurateur


Des initiatives de l’Etat qui présentent des limites


 
Un avis partagé par Jean-Pierre Palmier, créateur de l’établissement « JP Ô Piano ». Si la sargasse pollue le port en face de son restaurant, lui aussi situé à Saint-François juste à côté du Black Pearl, il n’a même pas le temps de s’en inquiéter. Pour lui, les aides de l’Etat sont surtout une épée de Damoclès qui finira par tomber et envenimer encore plus leur situation.

Le ministre de l'Économie et de la relance a annoncé le 14 janvier 2021 que

« toutes les entreprises qui le souhaitent, quelle que soit leur activité et leur taille, ont le droit d’obtenir un différé d’un an supplémentaire pour commencer à rembourser leur Prêt garanti par l’Etat (PGE)»

Mais comment rembourser un prêt sans fonds ni clientèle ? Pour Jean-Pierre Palmier, ces aides sont insuffisantes et peu adaptées à leur situation, car quand on a déjà plusieurs prêts, le PGE n’est pas envisageable. 


Pour ces restaurants qui avaient des conventions avec les hôtels et gîtes près de la Marina, la possibilité de vente à emporter semble anodine, voire même ridicule. Le plus gros de leur clientèle reste les touristes qui ne viennent plus sur le territoire depuis février dernier. Si ce sont les snacks qui profitent le plus de la vente à emporter, certains restaurants comme le Black Pearl ou JP Ô Piano ne choisiront pas cette option, trop peu rentable.

Jean-Pierre Palmier, restaurateur

Un drame qui accable les gérants et employés et qui effraye quant à l’avenir du secteur de la restauration.