Logement : tant à faire encore, en Guadeloupe, malgré le Plan logement Outre-mer

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Logements, cité Darboussier, Darse, Pointe-à-Pitre
©Nadine Fadel

1450 logements ont été construits ou réhabilités, en 2020, en Guadeloupe, grâce à l'enveloppe de l'Etat de 22 millions d'euros, versée dans le cadre du Plan logement Outre-mer. Mais les besoins locaux ne sont pas pour autant comblés. 10.000 demandes de logements sont en souffrance, chez nous.

Le logement est au cœur des préoccupations des populations des Outre-mer, mais aussi, vraisemblablement, de l'Etat.
Le gouvernement dit soutenir activement la construction et la réhabilitation de logements, pour tenter d'adapter l'offre aux besoins, dans les territoires ultramarins. Cela s'est traduit par une dotation de l'Etat, à hauteur de 215 millions d’euros, pour l'année 2020, dans le cadre du Plan logement Outre-mer (PLOM).

15 mois après la mise en œuvre de ce programme, l'heure est au premier bilan, pour son comité de pilotage.

Le bilan du PLOM

Le Gouvernement a voulu, via le Plan logement Outre-mer, répondre à une problématique criante, en Outre-mer, à savoir le logement.
Ainsi, 215 millions d'euros ont été engagés, en 2020 et ont permis la construction et la réhabilitation de 8100 logements sociaux.
Un véritable coup de pouce de l'Etat, qui aura aussi contribué à soutenir les filières du BTP, qui se plaignent parfois de l'insuffisance de la commande publique, surtout en ces temps de crise.

L'Etat entend poursuivre sur sa lancée et compte faire mieux, en 2021.
Ainsi, près de 250 millions d'euros ont été mis à la disposition des territoires ultramarins. Un effort qui répond à l'urgence et aux besoins des populations, en termes de logements... pour autant, l'offre est encore bien loin de combler la demande.

Quelles répercussions, quels besoins, en Guadeloupe ?

La Guadeloupe, qui s'est dotée d'une cellule économique de la construction a été moins bien servie que Mayotte (37,8 millions), la Martinique (39 millions), la Guyane (54,2 millions), ou encore la Réunion (65 millions). L'archipel aura tout de même profité d'une partie de l'enveloppe globale, soit 22 millions deuros.

Cette manne financière a rendu possible la construction et la réhabilitation de 1450 logements.

Seulement voilà : pour répondre aux besoins de sa population, le parc guadeloupéen de résidences principales devrait proposer 23% de logements locatifs sociaux, soit une production annuelle d’environ 2000 unités.
Les LLS représentent d'ailleurs plus de la moitié du volume annuel de constructions et de réhabilitation de logements, parcs public et privé confondus.

Aujourd’hui, le logement social représente un tiers de la production annuelle globale de logements ; cette proportion devrait passer à deux tiers, pour rattraper le déficit.

Les grands enjeux guadeloupéens restent la rééquilibration du territoire en développant les "locomotives" du Moule et de Sainte-Rose, la prise en compte de la faiblesse des revenus des Guadeloupéens et surtout le vieillissement de la population.
Par ailleurs, les programmes de construction devraient faciliter la mixité sociale des quartiers et assurer la qualité de vie de leurs habitants. 

Autre réalité criante : 10.000 demandes de logements sociaux sont en attente chez nous. Les financements publics ne semblent donc pas à la hauteur des enjeux locaux.

Mais pour Véronique Roul, secrétaire générale de l'Association régionale des maitres d'ouvrages sociaux de la Guadeloupe (ARMOS), les efforts de l'Etat sont conséquents :

Véritablement, le financement du logement social est très spécifique et, notamment, par le biais de la ligne budgétaire unique (LBU).
Les financements sont à la hauteur de l'enjeu et, aujourd'hui, nos partenaires des services de l'Etat et de l'ensemble des acteurs du logement, avec les fédérations du BTP et l'ensemble des artisans et des professionnels, nous nous battons et nous avons la capacité et la possibilité de pouvoir répondre à ces besoins.

Donc, voilà, la mobilisation est totale.

Véronique Roul, secrétaire générale de l'ARMOS

Pour autant, Véronique Roul admet que 10.000 demandes en souffrance, c'est beaucoup et que les enjeux sont ambitieux. Il est à noter, de surcroît, que la moitié de ces dossiers concerne la communauté d'agglomération Cap Excellence. 

Aujourd'hui, il faut bien dire que nous avons un phasage, une reprise en main progressive, parce que les étapes administratives et réglementaires sont quand même conséquentes.

Et il nous faut, à la fois avoir une meilleure coordination entre tous les partenaires et, par ailleurs, lever des freins administratifs et techniques, dont l'assainissement.

Le plan logement Outre-mer nous permet d'agir sur certains points, pour lever certaines difficultés, mais nous devons nous inscrire, effectivement, dans un cadre contraignant, bien qu'il permet une sécurisation des procédures, des modalités de construction et, donc, pour offrir un meilleur logement à nos concitoyens.

Véronique Roul, secrétaire générale de l'ARMOS