Obligation vaccinale : le SDIS veut "convaincre au lieu de contraindre"

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Manifestation contre l'obligation vaccinale de FO, syndicat majoritaire chez les pompiers de Guadeloupe, devant le siège du SDIS (09/09/2021)
Manifestation contre l'obligation vaccinale de FO, syndicat majoritaire chez les pompiers de Guadeloupe, devant le siège du SDIS (09/09/2021) ©Guadeloupe La 1ère
Par la pédagogie, le commandant du SDIS et la tutelle de l'établissement espèrent appliquer la loi sur l'obligation vaccinale, qui concerne aussi les pompiers ; ce, au fur et à mesure. A ce jour, 22% de ces professionnels ont reçu au moins une dose de vaccin anti-Covid, ou ont contracté le virus.

La fronde contre le pass sanitaire et l'obligation vaccinale rencontre un écho retentissant, au sein du Service départemental d'incendie et de secours (SDIS) de la Guadeloupe. Le syndicat FO a mené plusieurs manifestations, pour dire son opposition à la loi, promulguée le 6 août 2021, qui contraint les pompiers à se faire vacciner contre la Covid-19.

Que dit la loi ?

Pour rappel, cette obligation vaccinale des soignants et, par extension, des professionnels en contact avec des personnes vulnérables, est mise en place en trois temps, au niveau national :

  • Jusqu'à hier, le 14 septembre, les professionnels de santé dont le schéma vaccinal n'était pas complet avaient la possibilité de présenter un certificat de rétablissement, un test de non-contamination ou un certificat médical de contre-indication, pour travailler ;
  • A compter de ce 15 septembre et jusqu'au 15 octobre 2021 : ils sont autorisés à exercer leur activité, à condition de justifier de l'administration d'au moins une des doses requises, dans le cadre du schéma vaccinal à plusieurs doses, et de présenter le résultat d'un test de non-contamination ;
  • Le 15 octobre est la date d'entrée en vigueur de l'obligation vaccinale.

Le ministre de la santé, Olivier Véran, a accepté de repousser les termes de cette loi, au-delà de l'Etat d'urgence sanitaire, en Outre-mer, soit après le 15 novembre. Et ce n'est que tard dans la soirée d'hier, que des précisions ont été apportées par les autorités locales, quant au calendrier d'application, qui doit être encore peaufiné, dans l'après-midi de ce mercredi 15 septembre.

C'est dans ce contexte que le Colonel Félix Anténor-Habazac, commandant du SDIS de la Guadeloupe et sa tutelle tentent de trouver un compromis.

Le choix du SDIS : la pédagogie

La stratégie du Service départemental d'incendie et de secours est de convaincre les personnels opposés au vaccin du bienfondé de la loi, pour leur propre bien et pour celui des patients qu'ils prennent en charge quotidiennement.
Une méthode qui s'inscrit dans la durée, tant le chemin à parcourir est long. A ce jour, seuls 22% des pompiers ont reçu au moins une dose de vaccin, ou ont déjà contracté la maladie.
La mise en œuvre locale de la loi viderait donc les casernes locales, qui ont tant besoin de personnels.

Nous allons adopter une méthode pédagogique, de manière à emmener tout le monde à se vacciner (...). 

On doit adapter cette loi, qui ne peut pas être appliquée tout de suite, en tout cas dans les départements d'Outre-mer.

Colonel Félix Anténor-Habazac, commandant du SDIS de la Guadeloupe

Pour autant, la loi sera appliquée, au fur et à mesure.

Dès ce mercredi 15 septembre, les pompiers ont obligation de montrer patte blanche :

On va quand même exiger qu'à partir de maintenant tout le monde puisse me prouver, toutes les 72 heures, avec son test PCR ou autotest ou ce que vous voulez, qu'il n'a pas le Covid.

Colonel Félix Anténor-Habazac, commandant du SDIS de la Guadeloupe


Nous l'évoquions dans un autre article, hier : le directeur du CHU de la Guadeloupe a, quant à lui, décidé d'appliquer la loi immédiatement, malgré le sursis annoncé par Oliver Véran, arguant lui aussi que seule "une loi peut défaire ce qu'une loi a fait". Une décision prise avant que les autorités donnent le LA.