Oui, à la commission d'enquête parlementaire sur l'eau, mais après ?

éditorial
Commission enquête parlementaire sur l'eau : auditions
©Eric Stimpfling

Bonjour,

Je ne vais pas vous apprendre grand-chose, mais il est tout de même bon, parfois, de synthétiser et de s’interroger…
La commission d’enquête parlementaire sur l’eau a achevé sa mission chez nous, pas de véritable scoop dans les informations récoltées, ce qui n’ôte cependant pas son coté effarant à ce dossier.

Effarante, la vétusté du réseau, les 60% de perte de la production à travers les 4 à 5000 fuites, les 7 années de tours d’eau, l’absence pure et simple du précieux liquide à certains robinets.

Effarant la corruption à tous les étages (multinationale, élus locaux), le système mafieux, le mot a été employé, les négligences du contrôle de l’Etat qualifiée de coupable...

Effarantes les dépenses somptuaires, les frais de bouche, les nombreux voyages injustifiés en Australie, en Argentine, à Paris, l’opacité de la passation des marchés publiques...

Effarant son prix 2 à 3 fois supérieur à celui de l’Hexagone, ces sommes parties dans la nature jamais recouvrées, ces millions de dettes des administrations et collectivités, le milliard d’euros nécessaire pour tout refaire...

Effarantes les défaillances de l’assainissement, la présence régulière de bactéries, de matières fécales, de chlordécone, encore plus qu'à l'accoutumée rendant impropre la consommation.

Mais ce qui est encore plus effarant, au vu de tout ce qui a été évoqué lors de cette commission, c’est que tout cela semble être connu de tous, depuis fort longtemps et pourtant, aucune procédure judiciaire d’envergure pour faire toute la lumière sur le scandale de l’eau et ses responsables.

La commission d’enquête parlementaire doit rendre son rapport mi juillet, des recommandations devraient suivre.

La commission d’enquête parlementaire sur la chlordécone a rendu son rapport il y a un peu plus d’un an et demi…

Depuis en matière de lumière sur les responsabilités, la seule nouveauté c’est que la plainte pourrait être prescrite et les responsables restés à jamais impunis, sans rien avoir à payer, ni moralement, ni matériellement.

"Si vous voulez enterrer un problème, créez une commission", disait George Clémenceau (homme d'Etat, président du Conseil)...
Pourvu que cette philosophie politique ne soit pas valable pour les affaires... Parce que ce dont la Guadeloupe en a surtout assez elle, c’est d'enterrer toutes les victimes de ces scandales…

Bonne journée.