Règlement de comptes entre camarades

politique
Borel, Brudey et Lurel
C'est un courrier de Josette Borel-Lincertin adressé au Conseil Fédéral de la Fédération guadeloupéenne du Parti Socialiste qui met le feu aux poudres.Lâchée par ses anciens amis face à la dette d'une campagne qui a conduit à sa défaite, l'ancienne présidente du Département se fait cruement entendre

La grande solidarité entre camarades dans la victoire comme dans la défaite, n'aura pas duré longtemps à la Fédération socialiste. Au soir du 27 juin 2021, la déroute de sa liste étant plus qu'évidente, Josette Borel-Lincertin avait tenu à faire bonne figure, parlant encore d'une "belle campagne que les électeurs n'avaient pas comprise" menée par une toute aussi "belle équipe" pleine d'avenir.

Mais ce soir-là, soir du combat de trop pour elle, elle est bien seule pour dire tout cela. Tout au plus, la nouvelle et jeune recrue du parti, Loïc Martol, occupait-il les plateaux de télevision en attendant les commentaires des mentors. A l'exception de "l'erreur de casting" d'Hilaire Brudey, on n'entendra mots.
Josette Borel-Lincertin est donc bien seule pour assumer la défaite et les choix de son parti. Elle qui a sacrifié son siège de conseiller départemental des Abymes pour être la figure de proue des socialistes à la Région, elle ne reçoit le soutien d'aucun de ses camarades et surtout pas des pontes de la fédération.

Grandeur et décadence

Mais de tout cela, on ne saura rien. L'honneur du parti est plus important que celui des militants. Alors, Josette Borel-Lincertin se tait. 
Pourtant, une sombre histoire d'argent est à l'origine de la sortie de son silence. Les promesses non tenues d'un Victorin Lurel de plus en plus loin d'elle, les fourberies d'un premier sécrétaire de la fédération, l'irrévérencieuse attitude d'un futur candidat à la tête de la fédération, il n'en fallait pas plus pour que Josette Borel-Lincertin sorte de ses gongs et tire en rafale sur tous ses anciens camarades désormais ennemis révélés. Une longue explication détaillée qu'elle ponctue par l'annonce de sa démission du parti.

Lire : 

Lettre au conseil fédéral de la FGPS

Le coup de grâce pour une Fédération socialiste moribonde et en totale asphyxie. Cette expression de Josette Borel-Lincertin intervient au lendemain de la tenue d'une pleinière à la Région, marquée par la grande cordialité entre l'ancienne tête de liste des socialistes et son adversaire lors de ces élections, le président de Région Ary Chalus. Signe probable que Josette Borel-Lincertin voulait donner à qui voulait l'entendre, quant à sa liberté politique qu'elle a clairement décidé de reprendre.

Reste que, sa démission du Parti Socialiste et l'absence physique de Victorin Lurel dans l'arêne politique locale, plongent encore plus les socialistes dans une atmosphère de marécage que la prochaine élection du premier secrétaire ne risque pas de dissiper.

Ils en ont dit :

Hilaire Brudey

©Guadeloupe

Josette Borel-Lincertin