A Saint-Martin, il y a encore beaucoup à faire pour évacuer les déchets laissés par Irma

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Presse à ferraille de l'écosite de Grandes Cayes, à Saint-Martin
Presse à ferraille de l'écosite de Grandes Cayes, à Saint-Martin ©Préfet de Saint-Barthélemy et de Saint-Martin

Depuis le passage de l'ouragan Irma, sur Saint-Martin, en septembre 2017, des milliers de tonnes de déchets sont toujours amoncelés sur l'île. Il revient à l'entreprise Verde SXM de les réceptionner, de les traiter, de les enfouir ou de les valoriser et d'en exporter une partie.

L'entreprise Verde SXM assure la gestion de l'ensemble des déchets de la partie française de l'île de Saint-Martin... et il y a de quoi faire !
En plus des opérations courantes quotidiennes, il lui faut traiter les tonnes de rebus laissés par Irma ; en septembre 2017, cet ouragan de classe 5 a dévasté la presque totalité de l'île. Aujourd'hui encore, les stigmates de cette catastrophe sont bien visibles.

Une mission de service public plurielle

La gestion des déchets s'avère très compliquée, à Saint-Martin ; ce, pour plusieurs raisons.

Des marchés, visant à leur collecte, sont en cours de renouvellement. Les sociétés prestataires de la collectivité territoriale seraient, donc, en passe d'être désignées. En attendant, le ramassage des cartons et des plastiques, par exemple, est en souffrance.
Un retour à la normale, après plus de trois ans de fonctionnement en mode dégradé post-Irma, serait envisageable d'ici juin/juillet 2021.

Il a donc fallu compter sur la discipline de la population, appelée à trier et jeter ses déchets sur les sites dédiés.
Seulement voilà la déchetterie de Galisbay n'a rouvert ses portes que le 19 février dernier, après près d'un an de fermeture.

En bout de chaîne, il y a la société privée Verde SXM, qui assume une mission de service public, en traitant les déchets du territoire.

Nous valorisons la plupart des déchets qui sont valorisables : le plastique, le carton, le verre, les déchets verts ou encore les différentes qualités de métaux.

Damien Vassas, directeur d'exploitation de Verde SXM

Parmi tous ces déchets, certains resteront sur l'île.
C'est le cas du verre qui, une fois broyé, devient du sable ou du gravier de verre, utilisés dans le BTP (bâtiment et travaux publics). Ces matériaux, très esthétiques, sont appréciés en décoration, notamment.

Gravier de verre
Gravier de verre ©Verde SXM


Les déchets verts et organiques, mués en compost, ne quittent pas le territoire non plus.

Idem, pour les déchets non recyclables... qui sont enfouis, dans un centre de stockage de déchets non dangereux.

Enfin, il y a les déchets qui partent à l'export, en vue d'avoir une seconde vie, dont les huiles usagées, mais aussi les cartons et plastiques, transférés après pressage vers des filières de valorisation.
Les métaux, eux, sont expédiés en l'Allemagne, en Belgique, ou refondus dans les pays d'Asie, comme la Chine ou le Japon, très demandeurs de matières premières, pour l’industrie métallurgique.

Des métaux qui peuvent enfin être traités à Saint-Martin, avant export, grâce à l'arrivée d'un nouvel équipement.

Le nouveau compacteur de ferrailles

Verde SXM a fait l'acquisition d'une nouvelle presse à ferrailles, au début du mois de mars. C'est un remplacement, dans la mesure où l'ancien compacteur a rendu l'âme, il y a six mois.

On avait quand même passé commande d'une nouvelle presse, il y a plus d'un an et demi. Elle aurait dû arriver en février 2020, juste avant Covid. Elle a pris un peu de retard, lié à la fabrication de la machine. Sauf qu'après, il y a eu l'épidémie, le confinement... ce qui fait qu'on a perdu quasiment 36 mois.

La vieille presse qui nous a lâchés était en survie !

Le nouvelle presse nous a remis un petit coup de boost ! Ça fait du bien.

Damien Vassas, directeur d'exploitation de Verde SXM


Installée sur l'écosite de Grandes Cayes, le nouveau compacteur tourne à plein régime et traite les tonnes de déchets métalliques laissés par l'Ouragan Irma ; jusqu'à 8 tonnes de ferrailles légères, de tôles, de carrosseries de voitures... par heure ! Démonstration :

Les déchets ferreux représentent un volume de plus de 4.000 tonnes, sur l'île.
La nouvelle presse, étant en phase de rodage et de réglages, est ménagée, pour le moment.

Du matériel supplémentaire est en cours d'acheminement, vers Saint-Martin, afin d'améliorer la gestion des déchets, enjeux majeur pour le territoire.

Difficultés à évacuer les déchets d'Irma

Les encombrants récupérés depuis le passage d'Irma, ont été stockés, pour être traités sur l'écosite de Grandes Cayes, à l'extrême Nord de L'île.
 

Ecosite de Grandes Cayes à Saint-Martin - Verde SXM
Ecosite de Grandes Cayes à Saint-Martin - Verde SXM ©Google Map

Tout l'apport du quotidien est traité, est épuré.

Et, petit à petit, on essaie de déstocker les déchets d'Irma. Cela prend du temps du fait de l'ampleur du problème.

Sur Saint-Martin, il y a eu entre 10 et 15% de l'île qui est restée debout... à peine.

 

Damien Vassas, directeur d'exploitation de Verde SXM

Mais tout prend plus de temps, quand on œuvre sur une île comme Saint-Martin, du fait de l'éloignement des fournisseurs.
Les délais d'obtention des commandes sont longs (exemple : un an 1/2 pour que la presse soit livrée).

Par ailleurs, les cours du marché des métaux ferreux se sont effondrés. Pour la société privée Verde SXM, qui doit dégager des bénéfices, cela est forcément problématique.
Cela impacte notamment la commande d'autres équipements.

Sans compter les conflits sociaux et sociétaux (réforme des retraites, PPRN...), puis la crise sanitaire, durant lesquels l'île a été paralysée.

Dès qu'il y a un grain de sable, tout se bloque. Et je pense qu'on a été bien fournis en grains de sable !

Damien Vassas, directeur d'exploitation de Verde SXM

Ecosite de Grandes Cayes à Saint-Martin - Verde SXM
Ecosite de Grandes Cayes à Saint-Martin ©Verde SXM

 

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