Séisme du 8 février 1843 : il y a 177 ans, le premier "Big One" frappait la Guadeloupe

risques majeurs
estampe seisme 1843
Estampe du tremblement de terre de la Guadeloupe en 1843 ©BNF-Gallica
Il y a 177 ans, un séisme très puissant frappait la Guadeloupe, provoquant la mort de 3000 personnes et des centaines de blessés, principalement à Pointe-à-Pitre. Récemment, la magnitude de ce séisme a été réévaluée à 8,8 sur l'échelle de Richter, le classant parmi les séismes majeurs de la planète.
Aux environs de 10h10, ce 8 février 1843, un séisme d'une magnitude estimée aujourd'hui à 8,8 sur l'échelle de Richter, frappait la Guadeloupe et en particulier Pointe-à-Pitre. La ville sera presque entièrement détruite. Outre les dégats dus au tremblement de terre, elle sera la proie d'un vaste incendie pendant plusieurs jours. Le bilan est lourd : plus de 3000 morts et 1500 blessés. Avec ses 8,8 de magnitude, ce séisme correspond à un séisme 500 fois plus puissant que le séisme de magnitude 7,0 du 12 janvier 2010 en Haïti. 

Pour Luc Reinette, Directeur du Centre de Préparation aux Risques Sismiques, "ce séisme fut le plus médiatisé du 19ème siècle, et demeure dans les mémoires comme le premier "Big One" connu dans la Caraïbe."


Un avis partagé par Christian Anténor-Habazac, ancien directeur de l'Observatoire Volcanologique qui confirme que "c'est le seul séisme majeur connu dans les Petites Antilles, depuis l'arrivée des premiers colons en 1635 et probablement depuis l'arrivée de Christophe Colomb en novembre 1493."
 

Dans l'attente du prochain "Big One"
 

"Les mêmes causes provoquant les mêmes effets, nous devons garder à l’esprit - sans jamais céder au catastrophisme - que nous sommes dans l’attente d’un nouveau ‘’Big One’’, la subduction existant depuis des millions d’années entre la plaque Nord Américaine et notre plaque Caraïbe étant une réalité intangible... Le dernier Big One remontant à 177 années, nul ne sait quand surviendra le prochain, car nous ne disposons pas comme le Japon ou la Chine d’éléments relatifs aux siècles précédant l’arrivée des colons dans les Amériques." écrit Luc Reinette dans un communiqué publié hier.

Les déplacements de plaques dans notre zone caraïbe, sont en effet, très lents, de l'ordre de 2 centimètres par an. Le répit entre deux événements majeurs peut donc être très long, plusieurs dizaines d'années ou siècles. Au Japon et dans le Sud-Est asiatique, la vitesse de déplacement des plaques est, elle, beaucoup plus rapide, de l'ordre de 8 à 12 centimètres par an. D'où la fréquence de leurs séismes majeurs.

Reste que ce prochain événement, dont on ne connait pas la date, va se produire obligatoirement. Nous devons donc être prêt à tout moment.

Pour aller plus loin :
http://www.lesprikreyol.fr/2018/06/17/le_seisme_de_1843_a_pointe_a_pitre/
http://blog.manioc.org/2017/02/le-seisme-du-8-fevrier-1843-en.html
 
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