SMGEAG : les usagers de l'eau réclament plus de transparence

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Conférence de presse de la Commission de surveillance du SMGEAG - 17/12/2021
Conférence de presse de la Commission de surveillance du SMGEAG - 17/12/2021 ©Bruno Pansiot-Villon
Premiers pas compliqués du SMGEAG : lente mise en place, finances en berne et problèmes non-encore en passe d'être résolus. Au tour de la commission de surveillance d'évoquer ses préoccupations. Les usagers qui la composent exigent plus de transparence pour mener à bien leur mission.

Les membres de la Commission de surveillance du Syndicat mixte de gestion de l'eau et de l'assainissement de Guadeloupe (SMGEAG) étaient en conférence de presse, ce vendredi 17 décembre.
Ils ont tenu à rassurer les usagers de l'archipel : ils sont bel et bien au travail et ils ont le souci de bien faire fonctionner leur instance et d'être crédibles.

Veiller au retour à un service public de l'eau de qualité

La Commission de surveillance du SMGEAG a été créée, comme son nom l'indique, pour exercer une surveillance des pratiques, des volontés, des stratégies déployées par les acteurs opérationnels du Syndicat mixte, afin de retrouver un service public de l'eau acceptable, en Guadeloupe.

Elle oeuvre pour que les dossiers pluriels avancent, au sein de cette nouvelle structure, née le 1er septembre 2021.
Outre la nécessité de fournir de l'eau en quantité et en qualité à tous, ils entendent obtenir l'annulation de toutes les factures prescrites (de plus de deux ans), la fourniture d'un compteur à tous les clients du SMGEAG, ou encore plus de transparence quant à la facturation.

Pour Jean-Claude Malo, président de la Commission de surveillance du SMGEAG, l'intérêt des consommateurs prime :

Jean-Claude Malo, président de la Commission de surveillance du SMGEAG ©Bruno Pansiot-Villon- Guadeloupe La 1ère

 

Manque de visibilité

Seulement voilà : les membres de cette commission n'ont pas toutes les cartes en main, pour remplir leur mission.
Ils peinent à se faire une place, au sein de la structure, aux côtés des administratifs et des élus, rompus à l'exercice et qui ont leur conception de la gestion d'une telle structure.

Les informations utiles, qui leur permettraient de rendre des avis en toute connaissance de cause, ne leur sont pas communiquées ; il y a toujours des documents manquants, se plaignent-ils. Si bien que, depuis plus de trois mois, ils ont émis des avis défavorables, sur plusieurs dossiers.

De surcroît, les actions concrètes tardent à venir.
Face à cette lenteur et aux arguments du président du SMGEAG, qui parle de difficultés de fonctionnement, de trésorerie, ou encore de logistique, ils veulent bien être conciliants, mais "la patience des Guadeloupéens a des limites", estiment-ils.

Pour autant, Jean-Claude Malo ne veut pointer du doigt personne. Sa devise est qu'"Avant de faire des reproches, il faut commencer par demander, pour obtenir".
L'objectif final est de faire valoir les prérogatives de la commission, afin que cette instance puisse exercer pleinement son droit de regard et de surveillance.

©Guadeloupe


Scission au sein de la Commission de surveillance

Notons aussi que les relations entre les usagers de l'eau de la Commission de surveillance du SMGEAG ne sont pas au beau fixe.
Un point de non-retour a déjà été atteint, entre les membres de BalanceTonSIAEAG et les autres membres de cette instance.

BalanceTonSIAEAG a décidé de ne plus siéger. Ses adhérents l'ont fait savoir, hier (jeudi 16 décembre).
L’organisation dénonce des dysfonctionnements, au sein du nouveau syndicat de gestion de l’eau : sur les moyens, mais aussi sur le mode de gestion du président de la structure.
Dans un courrier adressé au préfet de région, Patrick David-Verdoncq, le président de cette association, présente la démission collective des quatre membres de son association : deux titulaires et deux suppléants.

BalanceTonSIAEAG
©BalanceTonSIAEAG

Un départ auquel Jean-Claude Malo a réagi, lors de la conférence de presse de ce jour :

©Guadeloupe

Jean-Claude Malo qui termine en disant que "les gens sont nécessaires, mais pas indispensables".

Sauf qu'en réalité, les scissions au sein du conseil de surveillance sont beaucoup plus profondes que ce que veut bien laisser paraître le président de cette instance.
D'autres membres d'associations d'usagers de l'eau de Guadeloupe dénoncent son fonctionnement et pourraient bien, prochainement, suivre ceux de "BalanceTonSIAEAG".
Comme on dit, en pareil cas : affaire à suivre.