Transports sanitaires d'urgence et loi Matras : au tour des ambulanciers de protester

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Grève des ambulanciers privés
©Eddy Golabkan
Ils s'estiment déconsidérés et craignent que leurs emplois soient menacés, alors que la loi Matras privilégie les pompiers : les ambulanciers exigent la mise en œuvre de la réforme des transports sanitaires urgents pré-hospitaliers. Entrés en grève reconductible, ils ne répondent plus au 15.

Les ambulanciers privés de France ont débuté une grève reconductible, à compter de ce mardi 12 octobre 2021, à l’appel de la Chambre nationale des services d’ambulances (CNSA) et la Fédération nationale de la mobilité sanitaire (FNMS). La profession réclame l'entrée en vigueur d'une réforme de leurs gardes, négociée de longue date.
Ils souhaitent en effet que le décret, sur la réforme des transports sanitaires urgents pré-hospitaliers, soit mise en œuvre le plus rapidement possible. Initialement, il devait être publié en mars 2021.

Les ambulanciers de Guadeloupe également mobilisés

En Guadeloupe, les ambulanciers professionnels n'ont pas prévu de blocages.
Ils ont tout de même décidé de ne pas répondre aux appels du 15, comme nous le précise Rosan Vincent. Le secrétaire adjoint de l’Association du transfert sanitaire urgent (ATSU) répond à Pascal Pétrine :

Rosan Vincent : "Nous ne donnerons pas de réponse à la mission d'urgence pré-hospitalière, dans le courant de la journée. Nous attendons les autorités qu'elles puissent prendre une décision".

Quelques ambulanciers étaient rassemblés, aujourd'hui, sur un piquet de grève installé au pied du CHU de Pointe-à-Pitre/Les Abymes. 

Ils dénoncent le fait que la réforme des transports sanitaires urgents pré-hospitaliers soit contrariée par une nouvelle proposition de loi, dont le texte est actuellement peaufiné, au sein d'une commission mixte paritaire du Sénat et de l'Assemblée nationale. Les ambulanciers considèrent que cette "loi Matras" est en faveur des pompiers, alors que leur secteur est porteur d'emplois. Ils craignent d'être mis sur la touche, explique Myriam Ugolin-Pies, responsable de "Pointe-Noire Ambulance", au micro d'Eddy Golabkan et Ronhy Malety :

Myriam Ugolin-Pies ©Eddy Golabkan et Ronhy Malety - Guadeloupe La 1ère

Les ambulanciers réclament, par ailleurs, une reconnaissance de leurs fonctions et la valorisation de leur métier, afin de pouvoir offrir une prestation plus pertinente, adaptée aux besoins des patients. Mike Mohandir, responsable des ambulances "Les Acacias" dénonce le fait que l'importance de leur corps de métier soit minimisée, alors qu'ils ont suivi des formations spécifiques, pour pouvoir assurer les transports d'urgence :

Mike Mohandir ©Eddy Golabkan et Ronhy Malety - Guadeloupe La 1ère


Le SAMU trouve son compte dans le texte remanié de la loi Matras

Les sept députés et les sept sénateurs, parties prenantes de la commission mixte paritaire, sont parvenus à un texte commun, sur la proposition de loi de Fabien Matras "visant à consolider notre modèle de sécurité civile et valoriser le volontariat des sapeurs-pompiers et les sapeurs-pompiers professionnels".

Les intervenants du SAMU étaient opposés à l'adoption définitive du texte initial de cette loi. 

Mais entre-temps, la version proposée par la commission mixte paritaire a tenu compte de leurs inquiétudes, si bien que Samu-Urgences de France a suspendu son préavis de grève, pour aujourd'hui.

Nous considérons à sa juste valeur l’engagement des parlementaires à préserver notre modèle français de médecine d’urgence, qui repose sur la régulation médicale et leur volonté de voir le déploiement du Service d’Accès aux Soins. Nous aurons, dans les semaines qui viennent, à coeur de démontrer l’efficacité des SAS [NDLR : services d'accès aux soins] et leur intégration dans le plan "ma santé 2022" porté par le gouvernement.

Communiqué de Samu-Urgences de France  - 10/10/2021

Pour autant, les SAMU sont solidaires des ambulanciers privés, dont ils soutiennent le mouvement de protestation actuel.

Il est urgent que le décret concernant les transports sanitaires urgents soit publié, afin de contribuer à la prise en charge des urgences, sur tout le territoire.

Communiqué de Samu-Urgences de France  - 10/10/2021