Un rapport sur l'avenir de la filière sucre en Outre-mer fait grincer des dents chez les parlementaires guadeloupéens

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Champ de canne
©Yasmina Yacou
C'est le 5 novembre 2020 qu'une mission a été confiée aux inspections générales sur l'avenir de l'avenir de la filière sucre pour tout l'Outre-mer. Deux propositions du rapport font débat chez les parlementaires guadeloupéens, notamment celle qui préconise la fermeture de l'usine de Marie-Galante.

Une mission sur l'avenir de la filière sucre outre-mer a été confiée à l'Inspection générale des finances, au Conseil général de l'environnement et du développement durable et au Conseil général de l'alimentation, de l'agriculture et des espaces ruraux. Le rapport vient d'être publié et provoque de nombreux remous. 

Les élus contre la fin de l'aide aux quotas sucriers

Etant donné le caractère essentiel de la filière dans les territoires ultramarins, les missionnaires recommandent de "maintenir les aides publiques au secteur", à savoir le Fegea-Poséi (soit 69,16 millions d'euros par an) associé à deux compléments nationaux, le premier de 90 millions d'euros par an maximum et l'autre de 38 millions d'euros mis en place à la fin des quotas sucriers, en 2017.

Cette dernière aide pourrait être remplacée, sur recommandation des rapporteurs, qui prônent pour un soutien forfaitaire aux investissements vers la production de sucres innovants et par un soutien dégressif, calculé sur les pertes subies depuis la fin des quotas.

S'ils jugent plusieurs propositions "dignes d'intérêt", cette dernière recommandation a fait réagir Justine Bénin, députée et Dominique Théophile, sénateur de Guadeloupe. Dans un communiqué, ils se disent en désaccord avec la fin de l'aide et réaffirment leur "attachement profond aux acquis fiscaux actuels et aux équilibres" qui permettent aux entreprises locales "d'exporter leur production". 

Et contre la fermeture de l'usine sucrière de Marie-Galante

Et les parlementaires locaux de s'insurger quant à la proposition concernant l'usine sucrière de Marie-Galante. Les missionnaires recommandent d'envisager sa fermeture, mais de conserver l'activité de distillation. Une idée rejetée par Justine Bénin et Dominique Théophile qui, "avec la même force et la même détermination", rappellent leur opposition. 

Même son de cloche du député Olivier Serva qui précise, dans un communiqué que ce rapport a été commandé avant l'incident qu'a connu l'usine sucrière. Lui aussi désapprouve.

Cette façon de faire sans consulter, échanger, rencontrer sur place, les acteurs locaux, sans travail sérieux impliquant étude, analyse puis conclusion est tout ce que nous rejetons dans la relation entre les directions centrales et la réalité de terrain des Outre-mer.

Olivier Serva, député de Guadeloupe

Avant de conclure : "Nous continuons le combat acharné pour que la fermeture de l’usine ne soit plus une option envisageable".

Pour l'heure, le gouvernement n'a pas approuvé cette recommandation. L'Etat souhaite étudier toutes les solutions. C'est pour cela qu'une mission des inspections générales a été diligentée. Après s'être rendus à Marie-Galante, les missionnaires devraient rendre leur rapport d'ici quelques semaines.