Vaccination anti-Covid : l'AstraZeneca en manque de popularité en Guadeloupe

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Vaccin AstraZeneca
©Gencat

Depuis le 19 mars, la campagne vaccinale a repris avec l'AstraZeneca. Médecins, infirmiers, sage-femmes, pharmaciens sont autorisés à vacciner mais ils rencontrent beaucoup de méfiance. Les Guadeloupéens se tournant davantage vers le vaccin Pfizer. 

Depuis le début de la vaccination, sur les 3,2 millions d’injections réalisés avec l’AstraZeneca en France, le bilan est de 27 cas de thrombose atypique et d’anomalies de la coagulation dont 8 décès, selon l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament et des produits de santé (ANSM).

Tous les centres de vaccination de la Guadeloupe et des îles du Nord administrent le vaccin Pfizer (à l’exception de quelques opérations ponctuelles à Saint-Martin avec Moderna pour des raisons de disponibilités de vaccin).

En revanche, c’est l’AstraZeneca qui est disponible en ville, prioritairement pour les personnes de plus de 55 ans, en lien avec leur médecin traitant ou leur pharmacien.

Pfizer sinon rien !

Depuis le 19 mars, la campagne vaccinale a repris avec l'AstraZeneca. Médecins, infirmiers, sage-femmes, pharmaciens peuvent vacciner, mais ils rencontrent beaucoup de méfiance de la part de leurs patients. 

Et pour beaucoup, la décision est sans appel... Pfizer sinon rien ! De nombreux Guadeloupéens se sont rendus dans un centre de vaccination et non dans une pharmacie où seul l’AstraZeneca est disponible pour le moment.
Pour Marie-Claude Synésius, pharmacienne à Petit-Bourg et co-présidente du Syndicat des Pharmaciens de Guadeloupe, cela se vérifie, tous les jours à son officine. Ses patients de plus de 55 ans sont très méfiants à l’égard du vaccin Vaxzevria (nouveau nom commercial du vaccin AstraZeneca). Très souvent, ils demandent d'emblée quel vaccin est utilisé. A la mention de l'AstraZeneca, ils sont nombreux à clairement refuser ce vaccin. 

Pharmacien et pédagogue

Marie-Claude Synésius et ses collègues passent donc beaucoup de temps à expliquer, écouter, rassurer les patients… Et donc à faire un véritable travail de pédagogie. 

Marie-Claude Synésius, pharmacienne, interrogée par Peggy Robert

Mais l’idée n’est pas de convaincre ou de forcer qui que ce soit. Tout repose sur la notion de consentement éclairé. "Sur 4 personnes qui viennent avec des informations erronées, on arrive toujours à 1 ou 2 personnes qui adhèrent à la vaccination", explique la co-présidente du Syndicat des Pharmaciens de Guadeloupe.

Une fois que les personnes adhèrent à la vaccination, se pose un autre problème... Le vaccin suédo-britannique est un multidoses. Il ne faut donc pas "gâcher". 

Marie-Claude Synésius, pharmacienne, interrogée par Peggy Robert

Il faut parfois 2 semaines à Marie-Claude Synésius avant d’atteindre une liste complète de 10 personnes et être sûre d’administrer tout le flacon. La pharmacienne certifie qu’aucun de ses patients ne l’a rappelé en 4 semaines pour se plaindre d’effets secondaires gênants.

Au 20 avril 2021, selon l’Agence régionale de Santé, 1 767 injections d’AstraZeneca ont été réalisées en Guadeloupe contre 40 500 pour Pfizer.

A (re) voir le reportage de Marie-Lyne Plaisir et Olivier Duflo :