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France-Brésil : L’orpaillage illégal en Guyane à peine évoqué

Le président de la région Guyane se trouvait à Paris lors de la visite de la présidente brésilienne en France Dilma Roussef. La question frontalière Guyane et Brésil a été évoquée.

© Roland-Pierre Paradis
© Roland-Pierre Paradis
  • Jessy Xavier
  • Publié le , mis à jour le
Le chef de l'état brésilien s'est montré assez critique vis-à-vis des mesures d’austérité appliquées en Europe pour contrer la crise mais également sur la coopération même si  les échanges commerciaux entre les deux pays progressent. 

Une ouverture du pont Brésil-Guyane toujours en souffrance

« Le Brésil est notre plus grand voisin », disait le président Hollande en conférence de presse aux côtés de Dilma Roussef faisant allusion à la frontière terrestre de près de 700 km entre la Guyane et le Brésil. Une frontière reliée aujourd’hui par un pont sur le fleuve Oyapock en attente une date d’ouverture officielle. Avant, précise le président français, il faudra terminer les équipements nécessaires, routes et postes de douane, qui d’ailleurs ne sont pas achevés à l’extrémité brésilienne du pont contrairement à la rive française où les équipements flambants neufs n’attendent plus qu’une inauguration.

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Un décalage qui en dit long sur les relations binationales. Puissance émergeante avec laquelle la France souhaite renforcer ses alliances, le Brésil se sait courtisé. Le contrat de renouvellement d’une partie de la flotte aérienne brésilienne qui court depuis plusieurs années maintenant, pour un montant estimé à plus de 4 milliards d’euro l’illustre parfaitement. La compétition entre français et américains fait rage. Chaque compétiteur promet des transferts technologiques, les deux pays restent au coude à coude entre le Rafale de Dassaut et le Super Hornet de Boeing. Sur ce point Dilma Roussef se montre tranchante : la décision attendra a-t-elle précisé dès son arrivée.


Rodolphe Alexandre réclame la signature de l'accord de coopération sur la lutte contre l'orpaillage clandestin

Dans ce contexte Rodolphe Alexandre, était surtout là pour rappeler l’urgence qu’appelle la situation de l’intérieur de la Guyane. L’orpaillage illégal y fait des ravages sur l’environnement, s’il y a eu entre 2009 et 2011 une baisse des chantiers clandestins sous l’impulsion des opérations militaires Harpie, ils sont depuis repartis à la hausse sous le double effet de l‘inadéquation d’un arsenal répressif pas suffisamment dissuasif face à l’attractivité de la flambée du cours de l’or. L’élu guyanais rappelle que depuis 2008 un accord de coopération portant particulièrement sur la lutte contre l’orpaillage clandestin déjà voté par la France est en souffrance au parlement brésilien. Dans une correspondance daté du 29 novembre, François Hollande concède au président de la région Guyane qu’une action doit être entreprise pour amplifier la coopération régionale avec les territoires voisins, le Surinam et le Brésil qui servent de base d’approvisionnement des sites d’extraction d’or illégaux en Guyane française. Un point qui sera débattu lors de la prochaine commission mixte franco brésilienne qui doit se tenir au premier trimestre 2013.

Le président de région restituera la teneur de ses échanges lors de la rencontre avec les présidents français et brésilien lors du séminaire organisé localement sur la réforme du code minier engagé par le gouvernement.
Un chantier qui vise autant la fiscalité de l’activité aurifère que celle de la possible exploitation de la ressource pétrolière découverte au large de la Guyane.
 


Eléments historiques sur le pont de l’Oyapock

La construction du pont a été décidée par le Président Jacques Chirac et le Président Fernando Enrique Cardoso lors de leur rencontre à Saint Georges de l’Oyapock le 25 novembre 1997. Une décision actée par le comité interministériel d’aménagement et de développement du territoire (CIADT) le 18 décembre 2003. L’accord franco-brésilien relatif à la construction du pont sur le fleuve Oyapock et de la liaison routière reliant la Guyane et l’État de l’Amapa  été signé le 15 juillet 2005, à l’occasion de la visite du président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva en France. Un accord ratifié par le Brésil en 2006  et par la France avec la loi du 18 janvier 2007.
Les travaux du pont ont duré 2 ans de juillet 2009 à juillet 2011.
Ce pont à haubans de 378 mètres de longueur comporte deux voies de 3,50 m de largeur et deux voies mixtes séparées pour piétons et cyclistes. Le tirant d’air minimal sous le tablier est de 15 m, et les deux pylônes culminent à 83 m de hauteur.

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