Le pont sur l’Oyapoque ouvert (peut-être) dans 540 jours

politique
Pont oyapock
©Roland-Pierre Paradis
La 8ème réunion de la commission mixte transfrontalière s’est achevée hier soir (mercredi 13 mars 2013) au terme de trois jours de réflexion à Cayenne. Ouverture du pont sur l’Oyapock, coopération Guyane-Brésil, carte transfrontalière…des sujets qui ont attiré notre attention. 

Comment évoquer les questions de coopération sans évoquer le pont de l’Oyapock ? Si l’ouvrage est terminé côté français, les travaux côté Brésilien sont loin d’être achevés. L’ouverture tant attendue ne sera donc pas pour tout de suite. Le gouverneur de l’Amapa, Camilo Peribe, annonce un délai maximum de 540 jours. « On a l’accès qui est presque prêt. Pour l’installation frontalière, on a une compagnie  qui a répondu à l’appel d’offre. Dans un délai de 540 jours on devrait  avoir l’installation. C’est long c’est vrai, mais au moins maintenant on a un délai et on va travailler. 540 jours c’est une vision pessimiste mais c’est pour ne pas  donner une date qui ne sera pas réalisable. Je pense qu’on avancera avec sécurité et ça va marcher peut-être plus tôt que ça. »
 
Droit de passage  
 
Un certain nombre d’avancées on été confirmées comme la fameuse carte transfrontalière. Une carte qui va permettre, aux habitants des bourgs de Saint Georges et d’Oïapoque, de circuler librement sur les deux rives. « Cette carte de frontalier permettrait, sans passeport, sans visa, un séjour de 72h. Ce serait une carte magnétique qui permettra d’enregistrer les passages de la personne. Nous sommes parvenus à avoir un accord sur le cadre juridique, nous en sommes maintenant au problème de réalisation technique de la dite carte. Le système sera opérationnel à l’ouverture du pont » d’après le Préfet de Guyane Denis Labbé. Cependant, il apporte une petite précision : « le statut de frontalier concerne les habitants du bourg de Saint-Georges de l’OyapocK. Je dis bien le bourg car la commune fait 2000 km². Et également le bourg d’Oiapoque pas non plus de toute la commune puisque Oiapoque fait 20 000 km² » Le texte serait quasiment prêt. Une avancée réclamée par la maire de Saint Georges, Fabienne MATHURIN BROUARD, depuis plusieurs années, qui était toujours repoussée.
 
 
Des avancées trop timides
 
Pour le président de la commission de l’est à la chambre de commerce Jean-René MATHURIN, cette réunion de commission n’a pas apporté grand-chose de concret. Il a d’ailleurs profité de cette commission pour rappeler un gros manque : l’absence de douane, à Oïapoque. « Regardez aujourd’hui, on ne peut ni importer, ni exporter de marchandises vers cette porte d’ouverture du Brésil. Donc c’est une doléance forte que l’on a marqué pour dire aux brésiliens que oui ! On veut faire du business mais pour l’instant on peut tout acheter là-bas et nous on ne peut rien vendre. Il faut absolument lors de la construction du poste de contrôle  qu’il y ait la douane et des spécialistes sanitaires, pour qu’on puisse faire un échange gagnant-gagnant. Le commerce existe déjà, les exports se font par barges… ». Un problème qui pourra sans doute être abordé lors du premier conseil du fleuve qui traitera des dossiers de la vallée de l’Oyapock. Il se tiendra à Saint Georges, en juin prochain.
Coopération transfrontalière : et la pêche?


Pour Santiago Mourao, directeur du département Europe au ministère Brésilien des affaires étrangères, il faut être optimiste. « Nous sommes en train de coopérer très intensément avec la France sur les questions de la pêche. Par exemple, nous avons reçu récemment différents procès verbaux. Il y a une quinzaine d’actions en justice contre des pêcheurs brésiliens. Des procès devraient être ouverts. A la justice maintenant de voir quelles sanctions prendre ».
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