Les indépendantistes divisés sur leur participation aux élections locales

politique
Emission place publique
©guyane 1ère
A cinq mois des prochaines élections municipales la campagne s’éveille de jour en jour. Les indépendantistes guyanais seront-ils présents dès premier tour le 23 mars 2014 ? Oui pour certains, non pour d'autres;

Deux courants indépendantistes co-existent

Les indépendantistes guyanais seront-ils présents dès le premier tour, le 23 mars 2014 ? À cette question précise, l’affaire semble tranchée : pour le M.D.E.S (Mouvement de Décolonisation et d’Émancipation Sociale) c’est OUI. « Nous serons présents dans toutes les batailles à venir » a déclaré le jeune membre du MDES Sandji Xavier (34 ans) dans l'émission radio Place Publique. Pour lui le pouvoir doit « se gagner dans les urnes ».
En revanche, pour les anciens comme David Donzenac du Mouvement Guyanais de Décolonisation (MOGUYDE) « les élections sont un vrai piège à cons ». Pas question de participer à ces « mascarades » dit-il. La seule et véritable élection qui compte à nos yeux, c’est « un référendum posant la question de la souveraineté de la Guyane. La position du comité du drapeau de la Guyane, représenté par Servais Alphonsine est tout aussi radicale : « les élections telles qu’elles sont organisées aujourd’hui ne nous concernent pas ». Le mouvement indépendantiste ne trouve pas de grâce aux scrutins « traditionnels ». Et c’est valable pour les municipales, les européennes, les sénatoriales et de la mise en place de la Collectivité Unique.
Pour l’heure, seul le MDES fera campagne pour que les électeurs de sensibilité « nationalistes et patriotiques guyanais » participent aux élections à venir.  Le Mouvement de Décolonisation et d’Émancipation Sociale compte ses troupes, afin rappelle Sandji Xavier « de rassembler une majorité de guyanais qui veulent œuvrer pour la Guyane ».
Annoncer que le MDES sera de la bataille, n’est pas un scoop. La question était en fait de savoir dans quel état de santé se trouvent les courants indépendantistes notamment le MDES après la série de défaites enregistré aux dernières régionales, pour les législatives où Fabien Canavy était face à Gabriel Serville dans la première circonscription tout comme Armand Achille  grand perdant devant Chantal Berthelot dans la deuxième circonscription.
 

Le mouvement indépendantiste fait-t-il peur ?

Ces résultats récents qu’expriment-ils sur la position des électeurs, qui hormis dans certaines bureaux ne votent pas pour le courant indépendantiste ?  
En fait pour beaucoup d’observateurs de la chose politique, l’indépendance fait peur. « C’est une fausse idée » martèle David Donzenac. Pour lui, ce sont la nature des campagnes orchestrées par les partis traditionnels qui « sèment le doute dans la tête des guyanais ». Il en veut pour preuve, l’affichage du drapeau guyanais dans les voitures « même des gens de droite sont fiers de mettre ce drapeau dans leur voiture » renchérit Servais Alphonsine pour qui, « il n’y a aucun doute, l’indépendance ne fait pas peur ».
Sur ce point, l'ensemble des courants indépendantistes se rejoint.
Pour plus d'information réécoutez Place Publique du samedi 19 octobre
THÈME : Existe-t-il encore des indépendantistes en Guyane ?
Invités :
David Donzenac, indépendantiste bureau Mdes;
Servin Alphonsine,membre du comité drapeau Guyane;
Xavier Sandji, membre du bureau du MDES