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L’hygiène, une affaire de sécurité à l’hôpital de Cayenne

Un bras de fer existe en ce moment entre la société de nettoyage Guyanet et le centre hospitalier de Cayenne. Un différend sur font de marchés publics qui fait surgir la problématique des normes d’hygiène de nettoyage dans les hôpitaux en Guyane. Qu’en est-il à André Rosemon ?

L'entretien des parties communes du centre hospitalier André Rosemon est confié à des prestataires de service.
L'entretien des parties communes du centre hospitalier André Rosemon est confié à des prestataires de service.
  • Par Marc Duvil
  • Publié le
A l’hôpital André Rosemon de Cayenne, l’hygiène est primordiale. Pour les responsables, c’est une affaire de sécurité. Pour garantir cette dernière, le centre hospitalier opte pour le partage des tâches. Si au plus près des patients, ce sont les agents de service de l’établissement qui sont à l’œuvre, l’entretien des parties communes est confié à des prestataires. « Il est important que les prestataires externes ne dépassent pas la limite qui leur est fixée. Ils ne doivent pas s’aventurer dans l’environnement proche du malade. Ce sont des professionnels certes, mais ce ne sont pas des agents que nous formons nous-mêmes, ils n’ont pas connaissance de nos exigences. Et en plus, ils ne sont pas soumis au secret médical comme le sont les prestataires internes, c’est-à-dire l’équipe de bio-nettoyage de l’hôpital », explique le docteur Aba Mahamat, président du comité de lutte contre les infections nosocomiales.
 

Quatre niveaux de risques infectieux

A l’hôpital de Cayenne, il y a quatre niveaux de risques infectieux. Si au premier niveau, il y a peu d’exigence, au niveau 4, les risques infectieux sont très élevés. « Par exemple, au bloc opératoire, le nettoyage est beaucoup plus important, on surveille à la fois l’air, l’eau et les surfaces », souligne le docteur Aba Mahamat. Pour effectuer ces tâches délicates et exigeantes, l’établissement compte une cinquantaine d’agents de service. Christophe Madère en fait partie. Il a à sa charge une dizaine de chambres auxquelles il consacre une trentaine de minutes chacune lors de chaque nettoyage. « Le nettoyage se fait au quotidien. Tous les jours ce sont les mêmes gestes qui se répètent sauf lorsque des tâches sont rajoutées comme les ventilateurs, les baies vitrées etc. », nous confie-t-il.
 

Des agents qualifiés

Les personnels sont qualifiés en fonction des services. Ceux du service Néonatal n’ont pas les mêmes prérogatives que ceux du bloc opératoire. « La zone 4, c’est le bloc opératoire, c’est-à-dire là où l’on opère les malades. Donc, là le risque infectieux est maximal. Les agents ont une formation différente puisque le bio-nettoyage est beaucoup plus pointilleux, la vigilance est plus sévère », explique avec insistance le président du comité de lutte contre les infections nosocomiales. La surveillance y est donc très accrue puisque la salle doit être nettoyée avant et après chaque opération.
Cette exigence de propreté s’étend à toutes les parties communes (couloirs, ascenseurs, bureaux…). Là aussi, le personnel est spécifiquement formé. « Puisqu’il s’agit de bio-nettoyage, on fait du balayage humide. On utilise aussi de la microfibre. Tout cela nous permet d’avoir une meilleure efficacité sur le long terme », affirme Noam Polony, formateur et gérant de la société Hygiénus.
Cette politique de propreté est indispensable dans la mission du centre hospitalier de Cayenne qui reste conscient tout de même que le risque zéro n’existe pas.
 
Reportage : Clotilde Séraphins et Franck Fernandes

Les normes d'hygiène de nettoyage à l'hôpital de Cayenne

 

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