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L'or dans tous ses états à la CCIG

Les opérateurs miniers de Guyane veulent redorer leur image trop souvent associée à celle de l'orpaillage illégal. Ils se sont installés pour deux jours à la CCIG afin d'expliquer au public les enjeux du développement de la filière de l'or actuellement troisième secteur économique de la région.

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  • Par Catherine Lama
  • Publié le , mis à jour le
D'abord il ne faut plus les appeler des orpailleurs mais des opérateurs miniers. Les travailleurs de l'or ne veulent plus de confusion avec l'orpaillage illégal alors que selon WWF "l'or de Guyane est un des plus propres au monde" affirme Philippe Matheus, le président de ORkidé de Guyane (l'OR Ki Démare","l'OR Ki Développe"). Il lance ainsi les journées de l'Or organisées conjointement avec la Chambre de Commerce et d'Industrie de la Guyane, la Chambre des Métiers et la Fédération départementale des opérateurs miniers de Guyane.

Un secteur qui prospère

Le guyanais ont deux jours pour mieux connaître ce secteur économique, le 3ème de Guyane, découvrir le potentiel de développement du précieux métal et les 51 métiers qui s'y rapportent. Car relève Gauthier Horth le président de la Fedomg, le secteur minier se porte bien. Grâce à la flambée de l'or en 2008, les opérateurs ont pu investir dans du matériel, faire des recherches et même employer. Aujourd'hui le kg d'or coûte 32 559€ en France , il était de 40 000€ en 2011. Mais au bout de la chaîne chez le bijoutier, le bilan est plus mitigé. Ces artisans ne sont pas sinistrés mais la hausse du cours de l'or rendant les bijoux plus chers a plutôt fait chuter leurs ventes reconnaît Pascal Coupra  bijoutier à Cayenne. A cela il faut ajouter la difficulté de travailler dans l'insécurité permanente en se sachant la cible privilégiée des voleurs.

Malgré les écueils

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Sur l'exploitation légale de l'or il y a beaucoup à dire et découvrir remarque Gauthier Horth. Ce secteur est encore bridé dans son développement par la difficulté d'accéder à la ressource, au sous-sol donc, du fait d'une législation qui manque de clarté et qui n'est pas adaptée au contexte guyanais. Il souhaite que soit mis en place des procédures accélérées pour la Guyane. Il milite, a t-il insisté pour que la gouvernance des ressources naturelles devienne locale. Autre écueil et pas des moindres pour les professionnels de la mine, l'accès très limité aux financements. En clair les banques ne jouent pas le jeu. Elles n'accordent pas de crédits et des sociétés bien établies dans l'or se sont même vu refuser l'ouverture d'un compte.
Par ailleurs l'enclavement du territoire, les faibles infrastructures routières, l'inexistence de couverture téléphonique dans les lieux reculés de Guyane gênèrent des surcroîts d'exploitation et maintiennent les opérateurs dans un isolement qui constitue un frein patent pour l'emploi.

Devenir le 1er secteur économique de Guyane 

Néanmoins le potentiel est énorme autant que le sous-sol guyanais et devrait permettre à cette filière de devenir dans les 10 ans à venir le premier secteur économique guyanais devant le spatial affirme avec optimisme Gauthier Horth. Il faut donner un véritable coup de booster au secteur aurifère notamment dit le président de la CCIG Jean-Paul Le Pelletier avec une grosse campagne sur les métiers comme cela a été fait pour les métiers du pétrole. Et les métiers sont en nombre au moins 51, du plus technique au plus simple. Certes la grille salariale des différents métiers n'est pas complètement achevée et les contrats se discutent donc de gré à gré. Le plus petit salaire est de 1500€ pour un ouvrier sans formation qui lors des campagnes sur site est logé et nourri. Une rémunération au dessus du SMIC et bien plus élevée que celle accordée, à compétence égale, en secteur urbain.
Est ce suffisant pour susciter l'envie chez les jeunes? La première formation d'une dizaine de primo accédants effectuée en 2013 a été un succès et sera reconduite en 2014.
Les mouvements menés en 2013 pour l'installation sur d'anciens sites illégaux portent leurs fruits et trois installations sont actuellement en cours.

Les opérateurs miniers sont optimistes et croient en leur développement malgré les difficultés, ils ont deux jours pour convaincre.

Présentation d'ORkidé de Guyane

Lauréate en 2011 de l'appel à projets "Soutien à la dynamique des grappes d'entreprises" lancé par la Délégation interministérielle à l'Aménagement du Territoire et à l'Attractivité Régioanle (DATAR), l'association interprofessionnelle minière ORkidé de Guyane a pour objectif de favoriser la synergie entre les acteurs de la filière et de mettre en place des actions collectives et ou individuelles et prioritaires, pour le développement et la promotion de la filière.

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