Femmes guyanaises (1) : Nicole Othily

journée internationale des droits des femmes
Nicole Othily
©Juste Fabrice
Dans le cadre de la journée mondiale de la femme le 8 mars prochain, nous vous proposons 7 portraits de femmes guyanaises qui dans leur domaine ont été des pionnières. Premières à avoir assumé des fonctions ou des métiers nouveaux participant ainsi à la valorisation de la femme en Guyane.

Nicole Othily née Berthelot, fondatrice et Directrice de la première école technique privée en Guyane


Nicole Berthelot épouse Othily est née à Pointe à Pitre. C’est dans sa ville natale qu’elle effectue toute sa scolarité et obtient le Baccalauréat Mathématiques-élémentaire en 1963. Elle poursuite ses études à Paris afin de préparer le diplôme de professeure de l’enseignement technique (option secrétariat). 
C’est dans cette ville, qu’étudiante, elle rencontre et épouse Georges Othily, Président honoraire du Conseil Régional et Sénateur honoraire, de la Guyane. De cette union naîtront trois enfants.

Départ pour son pays d’adoption

En 1968, Nicole Othily suit son conjoint en Guyane où elle  obtient un poste d’enseignante au Collège Technique, Marchoux, à Cayenne.

Situation de l’enseignement technique en Guyane à la fin des années 60.

Afin de comprendre les motivations qui ont conduit cette enseignante à créer une école technique privée, il est indispensable d’exposer à son arrivée,  la situation de ce secteur de l’Education Nationale en Guyane.
Il n’existait, à l’époque, que deux Collèges d’Enseignement Technique.
- Le Collège Voltaire appelé plus tard Max Joséphine. Il accueillait uniquement les adolescents. On y préparait le Certificat d’Aptitude Pédagogique   dans le secteur de la mécanique auto, l’électricité, les métiers du bâtiment, la menuiserie.
- Le Collège Marchoux  accueillait les jeunes filles surtout afin de les préparer au Certificat d’Aptitude Pédagogique  d’employé de bureau, de couture floue, d’aide maternelle. Quelques jeunes gens étaient inscrits en section : employé de commerce. La préparation au Brevet d’Enseignement Professionnel (BEP) sanitaire et social était aussi dispensée.

Les conséquences de l’évolution de la société guyanaise sur l’enseignement.

Le flux migratoire vers Guyane commençait à en modifier le profil dans les années 70. L’insuffisance des établissements scolaires et du personnel enseignant deviendra problématique. Le nombre de jeunes relevant de l’enseignement professionnel croissait. Certains d’entre eux ne pouvaient être accueillis dans les établissements  afin de poursuivre leur cursus scolaire. D’autres, dotés de capacités intellectuelles certaines mais en rupture avec le système scolaire, se retrouvaient prématurément dans la vie active.
 

Une initiative née de la pertinence et de la volonté

Ce constat de quasi-dénuement  de l’enseignement technique, interpelle fortement Nicole. C’est ainsi que naît le projet de création d’une école technique privée.
Fortement soutenue dans sa démarche par l’inspecteur d’académie de l’époque, en 1970, Nicole Othily crée le premier établissement d’enseignement technique privé en Guyane.
L’école technique privée « Nicole Othily », dispense des formations diplômantes, Certificat d’Aptitude Pédagogique (CAP) et Brevet d’Enseignement Professionnel (BEP) et plus tardle baccalauréat professionnel et ce dans les disciplines suivantes : la dactylographie, sténographie, sténotypie, commerce.
Nicole préparait aussi  aux concours administratifs, de catégorie A, B et C.
Il est important de souligner qu’un certain nombre de places gratuites était réservé à quelques jeunes issus de milieu social défavorisé.
Nicole Othily avait intégré dans son programme une section sport étude afin d’aider une jeune athlète guyanaise en natation, qui préparait les jeux olympiques de Sidney.
 

Un esprit de service

Dynamique, l’action de Nicole Othily ne s’arrêtait pas à son métier.  Membre du club soroptimist, Nicole en a assuré la présidence de 1989  à 1991. 
C’est sous sa mandature que fut organisé un voyage pour les enfants afin de découvrir le parlement européen.
Responsable de la commission « Education et culture » au sein du club, elle fit attribuer une aide financière à l’athlète en natation que nous avons évoquée précédemment. 
Atteinte par la maladie, Nicole cesse trop tôt ses activités professionnelles en 2008 pour des raisons de santé. Elle s’éteint le 25 septembre 2012, à Cayenne.
 
Nicole Othily n’est plus, mais son œuvre demeure.

Aline Belfort, auteure guyanaise
Présidente de l’Observatoire Régional du Carnaval de Guyane et membre du club Soroptimist de Cayenne, l'auteure Aline Belfort  a écrit trois ouvrages sur le carnaval : Le bal paré-masqué : Un aspect du carnaval de la Guyane française  paru en 2000; Carnaval et dérision dans la vie socioculturelle guyanaise : une forme  d’expression pour les chansonniers Sully IQUI et Léon MONGAYARD  paru en 2012; Du toulou au tololo : le bal paré-masqué, son évolution édité en 2014.
L'univers de la tradition guyanaise l'a également inspirée et elle en parle dans deux autres ouvrages : En collaboration : Kont di Lagwiyàn ; Sigré bounyon wara ; 1987 et Le léròl de mon enfance (récit) ; 2001.
Elle partage son temps entre la la Guyane et la Martinique où elle s'applique à mieux faire connaître lsa région au travers, d'articles, conférences et émissions de radio.
Cette passionnée de la culture guyanaise titulaire d'un DESS, diplômée en langue et culture régionale a été enseignante auprès d'enfants et adolescents en situation de handicap.
Aujourd'hui à la retraite elle s'adonne entièrement à sa passion : l'écriture.
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