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Avez-vous déjà goûté aux loussés ?

Au mois d'avril, les ramboutans et les mangoustans sont les vedettes des marchés de Guyane. L'arrivée de ces fruits, originaires d'Asie et certes délicieux, a fait oublier les fruits locaux de toutes sortes qui auparavant régalaient les Guyanais petits et grands, tels le loussé.

Loussés en pleine fructification au Vieux Chemin, 2014 © Pierre-Ange Paradis
© Pierre-Ange Paradis Loussés en pleine fructification au Vieux Chemin, 2014
  • Par Pierre-Ange Paradis
  • Publié le
Si les ramboutans sont attendus par tous les gourmands, et font en cette période la une de nos écrans, il n'en est rien des loussés, dont c'est également la saison en ce moment.

Un petit fruit pour les enfants

Bien qu'étant très répandus en Guyane, les loussés se caractérisent par leur discrétion. Pas besoin d'aller loin pour en trouver, car ces arbres jalonnent le bord de toutes nos routes. Ils sont de taille moyenne (14 à 25 mètres de haut), arborant des feuilles composées, d'un vert plutôt foncé. Leur tronc est lisse, et leur bois est clair et tendre. Les loussés se couvrent de fleurs brun clair vers novembre, et donnent de mars à mai des grappes de minuscules fruits noirs. Les connaisseurs les cueillent volontiers en même temps qu'ils viennent ramasser des awaras. Sous la peau noire et souple de cette drupe, se trouve une fine pellicule translucide et sucrée, entourant un noyau blanc à peine plus gros qu'un grain de riz. Il n'y a pas grand-chose à manger dans les loussés ; aussi dit-on que c'est un fruit juste bon à amuser les enfants.

Un fruit peu étudié par nos scientifiques

En dehors du fait qu'il est comestible, on connaît peu de choses sur le loussé, dont l'orthographe même n'est pas fixée. Une visite sur internet ne vous dévoilera strictement aucune information sur cet arbre et son fruit, à moins que vous ayez de solides connaissances en botanique, ou des capacités à déchiffrer les sites en langues étrangères. Seul le nom latin du loussé, Tapirira Guianensis, permet de trouver des informations sur ses caractéristiques, ses utilisations diverses, ou ses propriétés médicinales. Le loussé a été décrit pour le première fois par Aublet en 1775, et est mentionné dans quelques ouvrages écrits, notamment :

Pharmacopées traditionnelles en Guyane/Marie-Françoise Prévost.-IRD Editions, 2004.
Ainsi que dans un ouvrage de Marc Gazel sur les anacardiacées.

Pour ceux qui ont la chance de lire le brésilien, on trouve sur un site du ministère de l'agriculture du Brésil une fiche synthétique bien présentée sur le loussé :
http://www.embrapa.br/busca-de-publicacoes/-/publicacao/1002821/conhecendo-especies-de-plantas-da-amazonia-tatapiririca-tapirira-guianensis-aubl---anacardiaceae

Internet m'a appris que le loussé appartient à la grande famille des anacardiacées, qui comprend : les mombins, la pomme cythère, la pomme cajou, - et plus étonnamment encore - la mangue. Même si le réseau propose peu de littérature sur cet arbre, il révèle que quelques études ont été menées sur ses propriétés antipaludiques, anticancéreuses et même cosmétiques. Si vous voulez en savoir plus sur notre loussé, il est utile de connaître ses autres appellations : Tapirira Guyanensis (nom latin), "Mombin blanc" ou "Mombin fou" en français, "fruta-de-pombo", "tapiriri" ou "tatapiririca" en brésilien, ou "warhimia" en langue arawak.

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