Gisèle Sérotte : un dernier au revoir au son du tambour

disparition
Gisèle Sérotte
Le sourire Gisèle Sérotte ©Henri Griffit
Gisèle Sérotte nous a quitté le vendredi 18 septembre et depuis les hommages pleuvent pour saluer le parcours de cette guyanaise qui fut une brillante et infatigable porte-parole de la danse traditionnelle guyanaise avec son groupe Buisson Ardent. Elle sera inhumée ce samedi au cimetière de Cayenne

"Si mes yeux se ferment, s'il vous plait, je ne veux pas de pleurs, je veux entendre des chants de mon pays. Jouez aux dominos, aux cartes, rigolez et accompagnez moi avec le folklore au cimetière, s'il vous plait!"

Le dernier voeu de Man Sérotte sera exaucé. Ce samedi après-midi, elle sera inhumée au son du tambour qu'elle aimait tant, au cimetière de Cayenne.
Un grand enterrement, selon la tradition, organisée par la fédération des associations de musiques et danses traditionnelles. Depuis une semaine, les hommages ont été nombreux,  et soir après soir, les amis, les amoureux de la tradition, se sont rendus à la salle konvwé de l'avenue d'Estrée pour honorer la mémoire de Gisèle Sérotte. 

Dévouée à sa tradition et aux autres

Chacun a pu évoquer un souvenir particulier, une anecdote concernant cette folkloriste qui vouait un amour profond à son terroir. Bercée dès l'enfance par les soirées ti bois organisées par son père musicien Albert Cavlan à Sinnamary, Man Sérotte s'est évertuée, contre vents et marées, à transmettre avec son groupe Buisson Ardent, son savoir.
Mairie-Claude Verdan, cadre de santé à la retraite, se souvient avec émotion de l'aide soignante Gisèle Sérotte : " J'ai travaillé avec elle à la fin des années 80 à l'hôpital Jean Martial où je dirigeais le service Long Séjour. Elle est  partie peu de temps après à la retraite. Mais elle était très à l'écoute des patients. D'ailleurs, elle avait prise en passion, une des vieilles personnes résidentes qu'elle accueillait chez elle tous les week-ends . C'était avec elle que nous organisions, les fêtes, pour les pensionnaires. Elle leur prêtait des vêtements pour danser. Elle contribuait vraiment à donner de la chaleur au service. Elle avait même créé un petit orchestre et son fils en était le tambouyen. Pour la fête de Cayenne qui se déroulait juste en face de l'hôpital, sur la place des Palmistes où bien sûr elle dansait, elle me disait "es mo pé fé roun ti chapé par respect pour la parole donnée?" Je disais oui bien sûr. 
Et avec un grand rire, Marie Claude rajoute : elle n'était jamais à l'heure, quand nous avions une fête, je disais, 16h00 pour être certaine qu'elle serait là avec son bouquet de buisson ardent à la main à 17h00 ". C'était aussi une grande patriote, elle respectait les couleurs du drapeau et ne manquait jamais de le dire".

La vieille dame s'en est allée. La Guyane gardera en mémoire, l'image d'une belle chabine, Man Sérotte, souriante, vêtue de sa robe traditionnelle, chantant avec force et passion, un gros bouquet de buisson ardent à la main.

Le portrait de Claude Innocent
Portrait de Gisèle Sérotte