Affaire Méthon : premières déclarations des accusés

justice
Conseil Général de la Guyane
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Le 22 février, au premier jour du procès de l’affaire du meurtre de Maurice Méthon, les six accusés ont tenté,de minimiser leur participation aux faits présumés ou clamé leur innocence. Une 2ème affaire de braquage est jointe au dossier.
L’affaire devait commencer à 14H00 hier lundi dans la salle d’audience du conseil général, mais elle a débuté avec trois quarts d’heure de retard, le temps pour la cour de réunir le quota minimum de jurés afin de pouvoir procéder au tirage au sort des neuf jurés titulaires, plus les suppléants, parmi ceux qui ont été convoqués pour cette session d’assises.
Six accusés comparaissent dans cette audience prévue sur sept jours, jusqu’au mardi 1er mars, dont trois sont en détention provisoire depuis 2011 ou 2012. Il s’agit de José Carlo Da Silva, dit «Play Boy», Elcinado Da Silva Campos alias «Nao», et Delcy Ney Tavares Campos. Selon l’enquête, ces trois braqueurs présumés ont fait irruption dans la nuit du 21 au 22 septembre 2011 au domicile de Maurice Méthon, à Rémire-Montjoly, puis l’ont enlevé dans sa propre voiture, où sa dépouille a été retrouvée le lendemain, dans la carcasse calcinée du véhicule, à Montsinnéry-Tonnégrande, atteinte de deux tirs d’arme à feu. Les trois hommes sont poursuivis notamment pour vol en bande organisée avec arme, enlèvement, détention d’otage pour faciliter un crime ou un délit, commis en bande organisée. Ils sont aussi poursuivis pour la séquestration de la veuve de Maurice Méthon, de sa fille Carole et de son petit-fils (le fils de Carole), au domicile familial. Nadia Vilhena de Aguiar, serveuse à l’époque au restaurant « Cric Crac » de Maurice Méthon, est poursuivie pour complicité pour les mêmes motifs. Felipe Adrielson Maciel Brasil comparait pour le recel de bien provenant d’un vol en bande organisée.
Cinq accusés sont poursuivis dans une autre affaire : le braquage avec arme et violence de Nathalie Leproux, agent de recouvrement de loyers, commis le 8 septembre 2011 à Matoury. «Playboy» et «Nao»sont accusés du braquage, Nadia de complicité, Felipe Adrielson Maciel Brasil du recel de la carte bleue de la victime, et Franssoa
Da Silva Maciel également de complicité (fourniture d’une arme).
 

Innocence ou responsabilité limitée

 
Invité par la présidente de la cour à faire une première déclaration, les accusés ont tenté de minimiser leur participation aux faits présumés. Sur l’affaire Méthon, « j’étais présent, mais je n’ai jamais tué personne, j’étais là pour le braquage », a indiqué à la cour José Carlo Da Silva dit « Playboy ». « Je n’ai jamais dit à Nao de faire ça, il a fait ses affaires tout seul », a précisé Nadia Vilhena de Aguiar au sujet de son ex-compagnon. De son côté, pour le braquage de Matoury, Nao a précisé que Nadia avait : «donné l’horaire et les avait « amené sur place, avec Playboy». «Je n’ai jamais fourni d’armes à personne», s’est défendu Franssoa Da Silva Maciel, soupçonné de complicité pour ce même braquage. Poursuivi pour le recel de la carte bleue de Nathalie Leproux et du téléphone portable de Maurice Méthon, Felipe Maciel Brasil a avancé qu’il n’était pas au courant de ces braquages. Quant à Delcy Ney Tavares Campos, poursuivi uniquement dans l’affaire Méthon, il a préféré garder le silence, pour le moment.

Ce mardi 23 février, la cour examine l’affaire du braquage du 8 septembre 2011, à Matoury, avec l’audition par visioconférence du gendarme en charge de l’enquête. Bien que citée comme témoin et figurant sur la liste des parties civiles, la victime, Nathalie Leproux, n’est pas présente à l‘audience. Elle se dit «terrorisée à l’idée de revoir ses braqueurs» - qui lui ont assené ce jour-là des coups de crosse sur la tête, avant de lui voler plusieurs milliers d’euros. Elle a fait produire un certificat médical pour justifier son absence.