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Abolition de l’esclavage (2/5) : les marrons, une particularité guyanaise

En Guyane, certains esclaves ont refusé le joug de l’oppression et se sont enfuis l’épaisse forêt amazonienne. Ces hommes et ces femmes s’appellent des Noirs marrons. Leurs descendants vivent toujours dans le culte de leurs ancêtres le long du fleuve Maroni.

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  • Marie-Claude Thébia
  • Publié le
Les Noirs marrons sont aussi appelés Bushiningués. Dans leur langue, cela veut dire "hommes de la forêt".

Un seul peuple : six ethnies

Ils appartiennent aux six ethnies recensées sur les rives franco-surinamaises du Maroni : Paramakas, Kwintis, Matawais, Djuka, Saramaka, Boni, Aluku. Ils seraient 67 000 en Guyane. Ils parlent différentes dialectes comme le sranan, le tongo ou encore le paamaka, une langue composée de créole, de dialectes africains et de français.

Résistance

Le mot marron est issu de "cimarron", mot d’origine espagnole signifiant "réfugié dans un maquis". Les esclaves en fuite viennent du Ghana, du Bénin et de la Côte d’Ivoire. Leur histoire, ils la racontent inlassablement, de génération en génération. Une épopée  transmise oralement, principalement par les anciens. Il existe très peu de récits écrits des grandes légendes noires  marronnes.

Certains héros sont régulièrement évoqués comme l’esclave Boni qui a pris la tête des révoltes armées.

Regardez ci-dessous les explications de Guyane 1ère :
L HISTOIRE DE BONI ESCLAVE MARRON

L’art du symbole

De leur histoire africaine, ils ont gardé l’art Tembé, ou l’art noir marron caractérisé par l’utilisation de peintures aux couleurs vives et aux formes géométriques. Chaque symbole, chaque couleur, correspond à une image et à des valeurs comme la famille, la communication, les rapports hommes/femmes ou l’univers. Ce sont ces signes qui leur permettaient de se retrouver dans leur fuite éperdue vers la liberté. Des signes gravés dans la roche ou sur les arbres montrant la voie vers la liberté.
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Des traditions bien ancrées

Aujourd’hui, les Noirs marrons sont principalement installés sur le fleuve Maroni. Ils vivent essentiellement de chasse, de pêche et de culture sur abattis. Ils se fondent dans la société guyanaise et s’adaptent à la société européenne, mais gardent farouchement leurs cultures africaines.

Leur société est centrée autour de la famille et du Gran man, chef spirituel et religieux. Les villages sont représentés par un capitaine auprès de l’administration française. Longtemps fermée, la communauté bushiningué s’ouvre, mais reste résolument ancrée dans sa culture africaine. 

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