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Affaire CCOG :Le sort de Léon Bertrand fixé au 7 Mars prochain

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Palais de Justice de Basse-Terre en Guadeloupe
Palais de Justice de Basse-Terre en Guadeloupe ©Nicolas Pietrus
Le passage à Basse-Terre sera-t-il préjudiciable au maire de Saint-Laurent du Maroni ? Le Ministère public a alourdi sa demande de peine. Augustin To-Sah Benza risque lui aussi la détention.
« Léon Bertrand c’est le cœur du système ». L’avocat général n’a pas fait dans la dentelle en ce 17 janvier 2017 à l’encontre de l’ancien Ministre du Tourisme de Jacques Chirac. Pour lui l’homme fort de l’Ouest a utilisé son influence et ses mandats politiques pour financer l’UMP de l’époque et sa propre campagne électorale.
Pourtant le maire de Saint-Laurent n’a cessé de déclarer à la barre :
 

« Je suis innocent dans cette affaire, je ne peux pas pas être accusé d’enrichissement personnel. Dans ce dossier il n’y a rien qui montre que j’ai perçu de l’argent contre l’attribution de marchés ».
Des déclarations balayées d’un revers de main par l’avocat général : « vous êtes Monsieur Bertrand le responsable et le donneur d’ordre de ce système. Vous étiez totalement aux commandes...vous n’êtes pas un prévenu comme les autres, donc vous devez payer le prix fort ».

Le magistrat requiert 3 ans d’emprisonnement ferme avec mandat de dépôt ; 150.000 euros d’amende et 5 ans d’inéligibilité à l’encontre de Léon Bertrand.
« Je respecte la condamnation mais je ne la partage pas a simplement déclaré le Président de la CCOG, je fais confiance à la justice ».   Léon Bertrand n’a qu’un souhait désormais « que cette tourmente judiciaire qui dure depuis 10 ans se termine enfin pour que je m’occupe totalement des habitants de l’Ouest ».
Son Conseil Maitre Alexandre Varault a quant à lui déclaré avant de prendre son avion pour Paris : « j’espère que nous serons entendus par la Cour pour que celle-ci ne prononce pas une peine de désespoir pour des faits qui se sont déroulés il y a une quinzaine d’années. Léon Bertrand est reconnu coupable, je ne demande pas sa relaxe, mais nous voulons que la peine prononcée ne le renvoie pas en prison ».
 

Guerre Sarkosystes – Chiraquiens

 
Après avoir « épuisé » le dossier Bertrand, les magistrats s’attaquent à celui de l’ancien directeur financier et directeur général des services de la CCOG, Augustin To Sah Benza. Condamné lui aussi à une peine d’emprisonnement ferme en première instance (30 mois avec mandat dépôt ; 40.000 euros d’amende et deux ans de privation des droits civiques et de la famille). Son conseil Didier Liger a fustigé l’avocat général en lui rappelant la méconnaissance du territoire guyanais et qu’il y avait « un certain illogisme dans ses réquisitions ».
Il attend de la Cour qu’elle regarde le dossier dans son ensemble pour prononcer contre son client « une peine qui ne devrait être que symbolique sans passer par la case prison. La détention pour Monsieur To Sha Be Nza serait totalement absurde, hors de proportion et qui n’a aucun lien avec la réalité des faits qu’on peut reprocher à mon client ».
Didier Liger estime en fait que M. To Sha Be Nza « est victime par ricochet d’un règlement compte politique qui concerne Monsieur Bertrand via une guéguerre entre Sarkosystes et Chiraquiens. Ce sont des règlements de compte internes à la CCOG entre différents chefs de service et le Président de la CCOG qui ne le concernent pas ».
 

Le chef d'entreprise Jean Pradié pas mis hors de cause

 
Enfin le Tribunal a totalement réexaminé le dossier de Jean Pradié.
La Cour de Cassation avait annulé le premier juillet 2016 la totalité du jugement d’appel le concernant, Il a fait l’objet d’un nouveau procès à Basse-Terre. L’ancien entrepreneur (82 ans) absent à la barre pour raison médicale n’a pas été épargné par le Ministère Public qui estime qu’il a forcément joué un rôle déterminant dans cette affaire et qu’il doit être puni. Il réclame 18 mois de prison avec sursis et 30.000 euros d’amende.
Maitre Jean-Yves Marcaut Derouard estime toutefois que ce nouveau procès se soit déroulé en une seule journée ce qui est dommageable « aussi bien pour la Cour d’appel que pour la défense ». L’ancien bâtonnier poursuit en précisant qu’il a demandé la relaxe pour Jean Pradier car « il ne peut en aucun cas être jugé coupable de complicité ou de favoritisme ».
Le ténor du barreau de Cayenne a rappelé au Président du Tribunal que Jean Pradié fut durant 15 ans Président des Prud’hommes de Cayenne et qu’à ce titre il n’a jamais cherché à enfreindre la loi.
 
Léon Bertrand, Augustin To Sha Benza et Jean Pradié seront fixés le 7 mars prochain. 

Le reportage de Guaydeloupe 1ère

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