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Bains d'or de Françoise James-Ousénie : un roman sensuel sur fond de passion et de pouvoir

"Bains d’or" c’est le titre du nouveau roman de Françoise James-Ousénie. C’est le 5ème roman de l’auteur. Elle s’inspire des mythes Guyanais, et présente une version romancée de la vie de Théodore Vitalo. Un roman sensuel qui a pour théâtre la Guyane du 19e siècle.
 

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  • Par Marie-Claude Thébia
  • Publié le

Bains d’or c’est le titre du nouveau roman de Françoise James-Ousenie paru aux éditions Orphie. C’est le 5ème roman de l’auteur qui continue à s’inspirer des mythes Guyanais. Elle s’est inspirée de la vie de Théodore Vitalo pour écrire un roman sensuel qui a pour théâtre la Guyane du 19eme siècle.

 

Un roman très attendu

Françoise James-Ousénie
Françoise James-Ousénie
 

Le nouveau roman de Françoise James-Ousenie était très attendu. Depuis ses débuts dans le monde de la littérature, Françoise James-Ousénie étonne et surprend par ses ses thèmes d'inspiration. Cette fois, elle réécrit l'histoire de Théodore Vitalo. D'ailleurs sous sa plume ce personnage mythique change de patronyme et Vitalo devient Vitaloo.


Une intrigue sur fond de désir et de pouvoir 

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Cet ancien esclave affranchi a fait fortune dans l'or. De nombreuses légendes courrent à son sujet. Au 19è siècle, iextrêmement riche, il traîne une réputation sulfureuse : des planchers pavés d'or, un essaim de conquêtes féminines etc...C’est son histoire qui est revisitée par Françoise James-Ousenie, mais pas seulement. C’est aussi une histoire d’amour forte et sensuelle entre Vitaloo et Miranda son épouse. Dans l’ouvrage la passion qui unit ses deux êtres monte crescendo jusqu’au jour où le secret de la fortune de Vitaloo vient s’inviter dans le couple.
Les sentiments humains et leur ambiguïté sont décortiqués par l’auteur qui pose des questions existentielles sur l’amour, les jeux de pouvoir et d’argent.


Déjà cinq romans 

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Françoise James-Ousénie a écrit cinq romans. Cinq romans aux horizons différents mais tous symboliquement évoquent l'amour, l'injustice et la réparation. Elle n’a rien perdu de ses qualités d’écriture et de sa verve. Elle raconte avec sensibilité et finesse. Les dialogues sont ciselés, ponctués de références historiques et patrimoniales. Françoise James-Ousénie entraine le lecteur dans une farandole de mots, mené par un style narratif un peu désuet, bien de l’époque. Le langage fleuri, a des  consonances créoles, chantantes.


Un roman court mais dense 

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Ce roman est écrit à la manière d’un conte, d’une légende, l’auteur nous fait entrer dans un univers surnaturel  sur fond de croyances populaires et de mysticisme religieux. Un roman court mais dense qui se lit d’une traite.
Bains d’or de Françoise James-Ousénie aux éditions Orphie. 
Retrouvez la version vidéo :
Bains d'or de Françoise James-Ousénie


 
Françoise James-Ousénie une auteure qui n'a pas peur des mots

-Vous avez décidé de raconter votre version romancée de la vie de Vitalo, pourquoi avoir choisi ce personnage légendaire de l’histoire guyanaise ?

FJO : Le roman est, en effet, fortement inspiré de la vie de Théophile VITALO, mais pour des raisons d’aisance d’écriture, le personnage principal a été dénommé Théodore VITALOO.  Alfred Parépou avait déjà choisi ce patronyme pour citer l’homme en question dans le roman Atipa. Ce personnage m’a intéressée pour tenter de traiter le thème du pouvoir dans la société créole. Avec VITALOO, je pouvais adjoindre le pouvoir du sexe à celui de l’argent dans nos sociétés et dans le monde (pas du tout sur le plan moral, mais sur celui du constat). Nous savons tous que dans la réalité, VITALO était un homme très riche financièrement, grâce à la découverte de filons d’or dont Dieu merci, et nous savons également qu’il était très riche physiquement, grâce à la chanson populaire guyanaise qui fait référence à ses attributs masculins qui seraient démesurés « Mouché Vitalo, gro lolo ». Ces deux éléments réunis étaient une aubaine pour traiter des effets du pouvoir quelqu’il soit.  Après La complainte de la Négresse Ambroisine D’Chimbo, j’ai été convaincue qu’il était primordial que nous écrivions nous-mêmes nos histoires, que nous fassions appel à nos mythes pour (ré)évoquer l’histoire de notre pays et, qu’à travers eux, nous éclairer et éclairer les nôtres.  

-Cette histoire est une fiction comment avez-vous nourri votre imaginaire ?

FJO : Comme à chaque fois pour que l’histoire soit crédible et donner l’illusion de la réalité aux lecteurs, je procède à un travail de recherches. Je me documente sur le sujet, les thèmes, etc. Pour Bains d’or, je me suis rendue sur deux placers durant une dizaine de jours, avec l’entrepreneur orpailleur Pierre Rey dit Kiko pour constater de moi-même le métier et les techniques d’extraction de l’or (concassages, etc.). Je me suis documentée sur la vie de Théophile VITALO, questionné des spécialistes, en l’occurrence l’historien Eugène Epailly ; enregistré le savoir de personnes âgées leur venant de leurs parents ou grands-parents ; lu des ouvrages techniques sur la recherche de l’or en Guyane ; lu des ouvrages sur l’esclavage ; des extraits de procès-verbaux de procès, des actes administratifs coloniaux du 19ème siècle,  pendant au moins six mois, avant d’écrire une seule ligne. Je me suis aussi inspirée, comme toujours, de ce que j’entends, ce que je vois, de mon expérience personnelle et de celle des autres.

-Miranda est très attachante,  elle émeut par sa fragilité, et surprend par sa force, vous avez voulu dépeindre un personnage ambivalent, prête à tous les sacrifices pour son amour ?

FJO : Miranda, l’épouse de Théodore, est l’archétype même d’une victime du pouvoir : parce qu’il lui a été mis entre les mains les plaisirs de la chair et une grande aisance matérielle, elle est prête à tous les sacrifices de peur de perdre sa poule aux œufs d’or,  à ses risques et périls. Pour garder son rang, même effacé, dans la petite bourgeoisie créole, elle devient extrêmement jalouse et possessive. Ce qui deviendra une maladie fatale pour elle. On comprendra que l’amour chez elle se positionne au second plan, car lorsqu’il faut choisir entre l’amour et l’argent, elle fait le choix de l’argent, et s’accroche à l’amour qui possède l’argent et le plaisir charnel…

-Vitalo a réellement existé, vous vous êtes appuyé sur des faits pour écrire cette histoire ?

FJO : Oui, dans le roman, on trouve des éléments historiques tels que l’épisode malheureux avec ses frères, son parquet façonné de Louis d’or, et le fait qu’il soit né esclave sur une plantation en Guyane. Ensuite, toutes les références, les scènes, les histoires sont fictives. Par exemple la dimension fantastique a purement été introduite dans l’histoire de Bains d’or sans appartenir à celle de Vitalo.
 
-Ce roman pourrait s’apparenter à des contes et légendes car il se situe dans un univers fantastique basé sur des croyances populaires surnaturelles a-t-il une morale ?

FJO : Oui, Bains d’or n’est pas loin de la série des contes et légendes, mais il n’a aucune morale, car je considère qu’un individu est par essence libre, totalement libre de vivre et de penser à sa guise. C’est la société qui va réagir selon des codes préétablis envers telle ou autre personne. Mon rôle d’auteure est de conscientiser et de faire rêver. Néanmoins, comme la littérature possède des vertus extraordinaires, si mon histoire peut aider à circonscrire la maladie mentale par excès de jalousie, alors tant mieux.

-Votre roman est court, il se lit d’une traite, vous préparez déjà le prochain ?

FJO : J’écris comme j’aime lire : court, dense et intense. Je n’ai jamais pu terminer un roman de plus d’une centaine de pages, sauf très exceptionnellement. Pour moi, le nombre de pages n’est pas un gage de qualité ni de plaisirs. Je raconte une histoire et lorsqu’elle prend fin, je mets le point final après le dernier mot ou le dernier soupir… Je suis toujours sur plusieurs chantiers d’écriture. Puis, un jour, il y en a un qui s’impose. Aujourd’hui, c’est Bains d’or, demain ce sera  peut-être La guerre des Baclous ou Peau d’homme…

Pour information, je présenterai Bains d’or à l’Espace Joseph Ho-Ten-You, à Montjoly, le vendredi 29 mars, à 19H, avec la troupe Gran TIG, menée par la grande dramaturge et comédienne guyanaise, Odile Pédro Léal, afin de donner un avant-goût aux lecteurs potentiels. Une séance de dédicaces sera organisée. La rencontre littéraire est ouverte à tous et gratuite.
 

 

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