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Des bananiers clonés : une nouvelle piste de diversification des cultures agricoles

La culture de la banane en Guyane est peut-être à l’aube d’une révolution. Plusieurs essais de plantations de bananiers clonés dans un laboratoire près de Montpellier, dans l’Hexagone, s’avèrent concluants après trois ans de suivi. Des experts sont actuellement en Guyane. 

Une patte de bananes bio © Noémie Lordelot
© Noémie Lordelot Une patte de bananes bio
  • Sébastien Laporte
  • Publié le

Vers une culture industrielle de la banane 


Des experts sont actuellement en Guyane. Leur objectif est de passer d'une agriculture traditionnelle à une culture industrielle. Ils sont optimistes. Dimanche, ils ont inspecté une bananeraie de Matiti qui n’a rien d’une plantation classique. Il s’agit de l’une des premières de ce type en Guyane. Ces bananiers sont issus de plants clonés en laboratoire près de Montpellier. Ils ont été plantés en 2014 après avoir été développés in vitro.

 Philippe Marie, expert agronome pour l’entreprise Vitropic explique :

«Il ne s’agit pas de croisement. Ce sont des bananiers stériles femmes et mâles. On peut en manger sans trouver de graine»
 


Des bananiers clonés sans pesticide 


Contrairement à des bananiers issus de rejets d’une bananeraie ancienne, les bulbes de ces plants Cavendish seraient indemnes des parasites du sol, en particulier des nématodes et des charançons assurent leurs concepteurs.
Une résistance exceptionnelle obtenue par sélection de plusieurs plants, issus notamment des Antilles.
Ces bananiers permettraient d’obtenir des rendements plus importants, tout en réduisant l’utilisation des pesticides, à en croire les promoteurs du programme.

Julien Ducat, agriculteur à Matiti (Macouria) précise :

«On a planté cette bananeraie il y a trois ans et demi sans aucun ajout chimique. Il n'y a aucune trace de pesticide sur cette bananeraie»


Une banane plus chère 



La longue durée de vie des bananiers permet à l’agriculteur de faire des économies importantes, bien que les plants clonés soient vendus quatre à cinq fois plus chers que des plants classiques.
L’entreprise Vitropic est une filiale du Cirad, le Centre de coopération international en recherche agronomique, rattaché au ministère de l’Enseignement supérieur et au ministère des Affaires étrangères.
Vitropic est la seule entreprise en France à être parvenue à ce niveau de maîtrise du clonage et du développement in vitro des bananiers.
Pour la Guyane, le projet de ces ingénieurs est de modifier en profondeur le secteur de la banane.
Passer d’une production traditionnelle à une production industrielle. Une mutation qui permettrait d’occuper le marché local avec cette banane Cavendish et donc de laisser moins d’opportunités aux plants venus des pays voisins.

Christian Epailly, agriculteur, président de la FDSEA de Guyane confirme :

«Il faut reconnaître qu’il y a un marché énorme pour la banane en Guyane. Chez nous la banane vendue est de contrebande. Elle vient du Suriname»



Un premier groupement producteurs va être créé la semaine prochaine autour de ce programme. Si ce projet réussi à une aussi grande échelle, Vitropic deviendrait alors incontournable dans le secteur de la banane en Guyane pour la fourniture des plants. Une position hégémonique que les agriculteurs n’ont peut-être pas tous anticipée.

Le reportage de Guyane la 1ère :



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