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Un barrage fluvial pour empêcher la circulation des orpailleurs clandestins

société
Un barrage fluvial sur la Tampok
©Jocelyne Helgoualch
Les Wayanas du Haut Maroni sont victimes de l'orpaillage clandestin depuis maintenant prés de 20 ans. L'un des villages les plus touchés : Cayodé sur la Tampok. Depuis 3 mois, un barrage fluvial a été installé pour empêcher la circulation des pirogues ravitaillant les clandestins. 



Sur les rives de la Tampok, à l’extrême sud de la Guyane, au cœur du parc amazonien : Cayodé.
Mélanie Alimahé est la chef de ce village depuis prés de 20 ans.
Mélanie Alimahé Capitaine de Cayodé
Mélanie Alimahé Capitaine du village Wayana Cayodé depuis 20 ans ©JHelgoualch
Cette dernière n’a de cesse de dénoncer l’orpaillage clandestin qui sévit dans la région et ses conséquences sur l’environnement et les populations.

Le calme est revenu 

Pirogues de Cayodé
Le calme est revenu à Cayodé ©JHelgoualch
Depuis quelques mois, le village a retrouvé son calme et la rivière n’est plus l'autoroute des chercheurs d’or. A une demi-heure en amont de Cayodé, une immense barge saisie aux orpailleurs clandestins a été installée au beau milieu de la Tampok. Elle permet aux gendarmes d’empêcher le passage des pirogues des garimpeiros.
Mélanie Alimahé Capitaine du village Cayodé explique :

"Il y a beaucoup de poubelles et de déchets dans la forêt, laissés par les orpailleurs. Depuis l'installation du barrage fluvial , il y a moins de trafic. Avant, plus d'une vingtaine de pirogues passaient la journée, devant le village. La nuit aussi." 


Contrôle des pirogues 

Un barrage salué par les Wayanas mais qui a provoqué la colère d’une partie du village lors de sa mise en place. Les gendarmes demandaient auparavant le permis fluvial et l’identification de l’embarcation pour avoir le droit de passage. Ici personne ne dispose de ces documents.
Sono Alimahé habitant précise : 

"Aujourd'hui il nous laisse passer sans problème. Maintenant ils ne font que contrôler, ils ne demandent plus les papiers. Ils fouillent les pirogues pour voir si on ne fait pas passer des marchandises aux trafiquants".


Pêcher est de nouveau possible

L’orpaillage clandestin a d’autres consequences. Les gendarmes évoquent des complicités entre amerindiens et orpailleurs dans les villages Wayanas. La fièvre de l’or est telle que les orpailleurs se sont réorganisés et ont ouvert des layons dans la forêt pour contourner le barrage. L'activité semble s’être nettement réduite.A Cayodé, l’eau de la Tampok est redevenue presque claire et pêcher dans la rivière est de nouveau possible.
Le reportage de Guyane la 1ère :


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