Brésil : à Manaus, l’immunité collective au coronavirus, tant vantée, a été de courte durée

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Vue aérienne du cimetière de Manaus agrandi en raison de l'épidémie de Covid-19
Vue aérienne du cimetière de Manaus agrandi en raison de l'épidémie de Covid-19 ©MICHAEL DANTAS / AFP
Déception à Manaus. Après une forte contamination, les habitants de la capitale de l’Amazonas avaient, semble-t-il, développé des anticorps contre le coronavirus et obtenu une immunité collective. Le nombre de décès avait chuté. Mais, cette immunité semble avoir été de courte durée. 
Manaus avait été très fortement touchée par le covid 19, il y a quelques mois. Les hôpitaux étaient débordés. On n’arrivait plus à enterrer les morts. Mais après cette période noire, le nombre d'inhumations quotidiennes avait chuté, passant de 277 le 1er mai dernier, à 45 à la mi-septembre. Pour des chercheurs brésiliens et internationaux, relayés la presse mondiale, cette baisse drastique du nombre des décès provenait d'une immunité collective. D'autant que de 44 à 66% de la population aurait déjà été infectée. La propagation du coronavirus semblait enrayée.


Une immunité de courte durée menacée par le retour aux activités

Malheureusement, les contaminations sont reparties à la hausse. Les mêmes spécialistes qui ont évoqué l’immunité collective observent que la présence des anticorps concernés (ceux qui s’opposent au coronavirus) dans le sang, ne durerait que quelques mois. L'immunité n'aurait été que provisoire. La prudence reste donc de mise. On aurait un peu trop négligé les précautions traditionnelles comme le suggère Andre Patricio Almeida, spécialiste des maladies infectieuses à l’Institut de Médecine Tropicale de l’Université de São Paulo :  
 

"Il est possible que le retour aux activités ait rendu les gens vulnérables à la circulation du virus. Car la réouverture des entreprises est liée à une augmentation du nombre de cas.''


La mairie de Manaus met en cause l'Etat brésilien, dirigé par le président Jair Bolsonaro, pour avoir minimisé la gravité de la pandémie, et encouragé ce retour aux activités, sans attendre le développement d'un vaccin. Arthur Virgilio, le maire prévient :
 

"Le gouvernement doit prendre cela au sérieux et dire la vérité. Dire ce qui se passe et ce qui ne se passe pas, pour deux raisons. S'il dit qu'il n'y a pas de problème, premièrement nous ne recevrons aucune aide. Deuxièmement, cela encourage les gens à ignorer nos décrets."

 

Mise en place de restrictions

Et les autorités locales ont mis en garde les habitants face au risque de deuxième vague si port du masque et distanciation physique ne sont pas respectés. Elles ont fermé les bars et les plages fluviales. Restauration et shopping sont limités. Les rassemblements et fêtes sont interdits durant un mois.
 
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