Brésil : les ravages de l’orpaillage clandestin en Amazonie

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Exploitation de l'or en Amazonie
Un garimpeiro au coeur de l'Amazonie ©Capture écran
Parmi les maux qui frappent l'Amazonie, l'orpaillage clandestin pèse lourd. En particulier au Brésil où cette pratique s'est fortement développée ces dernières années. Dans certains Etats du pays, comme le Para, l'essentiel de la ressource en or est commercialisée illégalement.

Parmi les maux qui frappent l'Amazonie, l'orpaillage clandestin pèse lourd. En particulier au Brésil où cette pratique s'est fortement développée ces dernières années.

Un lingot d'or
L'or en lingot ©Capture écran

Dans certains Etats du pays, comme le Para, l'essentiel de la ressource en or est commercialisée illégalement alors que la destruction de la forêt se poursuit à grande échelle avec des garimpeiros dont cela semble la seule ressource.

Ravage de l'orpaillage en Amazonie
Une forêt amazonienne abîmée par les chercheurs d'or ©Capture écran

Déforestation, pollution des cours d'eau, l'orpaillage clandestin continue de ravager de plus belle l'Amazonie brésilienne. La région abrite la grande majorité des sites miniers aurifères du pays. L'an dernier, la surface exploitée y dépassait déjà les 83 000 ha. Près de 7 fois plus qu'en 1985. Et en 10 ans l'orpaillage illégal a quadruplé dans les zones protégées. Il a même été quasiment multiplié par 5 dans les terres indigènes.

Les raisons de cette fièvre de l’or

Une fièvre de l'or qui s'explique aisément. Un garimpeiro, orpailleur clandestin (il garde l’anonymat donc) de 54 ans se confie :

"Il n'y a pas d'emplois, pas de bonnes entreprises dans le Pará. Le Pará est une région très riche, avec beaucoup de richesses… Je ne suis pas un voyou. Si nous volons, nous sommes arrêtés. Si nous travaillons, nous sommes arrêtés. Que ferons-nous dans la vie ?

Dans cette région d'Itaituba dans l'Etat du Para, l'arrivée des bûcherons comme des mineurs a été favorisée par la construction de la route BR 163. Tout comme par la hausse des cours du métal précieux et surtout son utilisation, comme le rappelle le garimpeiro :

"S'il n'y a pas de chercheur d'or, comment pourront-ils porter des bijoux ? Ces médailles d'or qu'ils ont remportées à l'étranger, d'où viennent-elles ? De notre travail… "

Une activité difficile à endiguer

Pour le seul Etat du Para, 30 tonnes d'or seraient commercialisées illégalement chaque année. Ce serait 6 fois la quantité officielle. Une partie du trafic est contrôlée par des gangs. Les récentes opérations montées avec le concours de l'armée n'ont pas endigué cette montée de l'orpaillage clandestin. En tout cas, si la forêt reconquiert les sols de certains anciens sites miniers, d'autres exploités plus intensément sont devenus stériles…