Brésil : premières vaccinations et conflit politique

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Première vaccinée au Brésil
Monica Cazalans, infirmière à Sao Paulo, première brésilienne vaccinée contre le covid 19 ©AFP

Au Brésil, la vaccination contre le coronavirus a commencé dimanche dans l'Etat de Sao Paulo. Joao Dario n'a pas tenu compte des consignes du gouvernement qui ne comptait faire débuter les immunisations que le 20 janvier. Brasilia a finalement avancé la date après une polémique politique virulente.

Une première vaccination contre le covid 19 au Brésil : celle d’une infirmière de Sao Paulo, suivie de celles d'une centaine de membres du personnel d'un hôpital. L'autorité fédérale concernée avait donné son feu-vert à un vaccin chinois, sinovac et à celui d'Astra-Zeneca. L'Etat de Sao Paulo n'a donc pas attendu la date fixée par le gouvernement brésilien. Il a commencé dès dimanche 17 janvier les immunisations, semblant donner le coup d’envoi pour l'ensemble du pays. Monica Cazalans, la première vaccinée, a même lancé un appel à tous ses compatriotes pour suivre son exemple :

« Je suis très fière de cette belle opportunité. je parle en tant que Brésilienne: faisons-nous vacciner, n'ayez pas peur, c'est ce dont nous avions besoin, c'est ce à quoi nous nous attendions. »



Brasilia avance la date de début des vaccinations tout en dénonçant un « coup marketing »
 

Du coup le gouvernement fédéral a dû avancer la date de début des vaccinations à ce lundi contrairement à ce qu’il avait prévu : un démarrage le 20 janvier. Eduardo Pazuella, le ministre de la santé le répétait encore dimanche :

« Nous prévoyons, comme nous l'avions prévu depuis la semaine dernière, de démarrer le plan national de vaccination mercredi matin à 10h. »

Brasilia qui attendait en fait les expéditions d’Astra-Zeneca, n'apprécie guère de s'être fait devancer. Au nom de l'égalité entre les Etats, Eduardo Pazuello dénonce un « coup marketing » illégal des autorités de Sao Paulo. Il annonce pour sa part un million de vaccinations par jour. La priorité sera donné aux soignants, aux plus de 75 ans ainsi qu’à la population amérindienne.

Le gouverneur de Sao Paulo fait la leçon au président Bolsonaro


Grand rival potentiel de Jaïr Bolsonaro, l’actuel chef de l’Etat, pour la prochaine présidentielle, Joao Dario a été en pointe pour favoriser les immunisations. Surfant sur son coup politique, le gouverneur de l’Etat de Sao Paulo ne mâche pas ses mots contre l’action d’un président classé à l’extrême droite, qui a toujours minimisé l'impact du coronavirus, et s'est montré sceptique sur la vaccination :

« Ici on se bat pour la vie, et Brasília se bat pour quoi ?… Le vaccin est une leçon pour vous, les autoritaires, qui méprisez la vie, qui n'avez pas de compassion, qui méprisez l'attention, le dévouement et la nécessité de protéger les Brésiliens. »

 

Solidarité avec l’Amazonas et tintements de casseroles pour le chef de l’Etat


Joao Doria a annoncé en outre l'envoi de 50 000 doses de vaccin dans l'Etat d'Amazonas où les services de réanimation manquent d'oxygène et sont débordés par l'ampleur de la pandémie. Car le gouverneur de Sao Paulo affirme ne plus faire confiance au ministère fédéral de la santé.

Des propos en écho à la colère de citoyens qui ont tapé récemment sur des casseroles dans les grandes villes du pays. Une protestation sonore contre la gestion de la crise du coronavirus par le pouvoir de de Jaïr Bolsonaro.

 

 

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