Le carbet des parents : La loi Shiappa expliquée aux parents

société
Enfants à l'école
©DR
La Fédération autonome des Parents d’Elèves et Etudiants de Guyane organisait une conférence débat afin de vulgariser la loi Schiappa. La FAPEEG avait réuni des membres du barreau de Guyane, des infirmières scolaires et même une association en charge de séances à l’école. 
 
Pour la première fois, des parents d’élèves pouvaient enfin exprimer leurs incompréhensions, leurs stupeurs mais surtout leurs craintes face à des professionnels. Trois séances annuelles d’éducation sexuelle à l’école… La pratique n’est pas nouvelle.
Nadia Giverne, parent d’élève se souvient :

« Moi j’ai été un peu à la vieille école, et il y a un âge et il y avait des limites, aujourd'hui je suis une femme mariée j’ai des enfants et pour moi ça reste dans un cadre et ce n’est pas le cas aujourd’hui » 


Il n'y a pas de menace

Même avec ses témoignages, l’assistance peine encore à comprendre la teneur des séances proposées. Les informations fusent sur les réseaux sociaux, chacun se forge sa réalité. Mais dans les faits, il a surtout été rappelé dans cette conférence que la menace que ferait planer l'éducation à la sexualité sur la pureté infantile ne tient pas la route, pour au moins deux raisons.
Priscillia Mangeot directrice adjointe de l’Association idées santé précise :

« nous d’ailleurs, on n’appelle pas ça éducation à la sexualité, on reprend les termes que l’on retrouve au Canada et en Belgique, et on appelle ça éducation à la vie affective et sociale (…) On ne parle pas du tout, de la masturbation et du reste… On parle vraiment du rapport fille/ garçon qui est la base des relations qui finissent par devenir des relations sexuelles à l’âge où on peut avoir des relations sexuelles. »


Chantal Nordin infirmière scolaire formatrice donne un exemple :

« Moi je dis souvent aux parents, que les enfants ont des questions, et nous heureusement nous sommes là pour cela. J’ai une maman qui un jour m’a dit, mon fils m’a demandé : par où je suis sorti  ?  Elle ne savait pas quoi répondre, mais comme on en avait discuté juste avant, elle lui a répondu : tu es sorti par la nénette (…) Elle m’a dit qu’il n’y en a pas eu de deuxième question. C'est clair, il n’y aura pas de deuxième question, car la bonne réponse a été donnée»


Un cadre légal

Les inquiétudes des adultes autour de la sexualité relèvent d'une véritable panique morale, appuyé par le fait  que la sexualité n’est pas de la responsabilité de l’école. Le barreau de Guyane rappelle que le dispositif possède un cadre légal bien défini…
 Cléo Simonin  avocate au barreau de la Guyane explique :

« La loi Schiappa indique qu’il faut procéder à la formation de ceux qui sont amenés à faire cette éducation à la sexualité, justement pour qu' elle se fasse dans un cadre très strict et très réglementé. (…) Le cadre légal c’est le code de l’éducation qui indique qu’il faut former le milieu scolaire à cette éducation à la sexualité et vous avez ensuite de nombreuses circulaires qui sont faites par les ministères et qui sont diffusées à l’ensemble des rectorats puis diffusées à l’ensemble du corps enseignant. »


Pas de grands bouleversements au sortir des échanges, il régnait encore beaucoup de scepticisme. Toujours dans l’optique d’éclairer les parents, la Fédération autonome des Parents d’Elèves et Etudiants de Guyane répète l’exercice le mercredi 19 septembre à la médiathèque de Kourou.
Le reportage de Guyane la 1ère :