Cayenne : les migrants du camp de la pointe Buzaré dans l'expectative après la notification de l'arrêté d'expulsion

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Camp de migrants à la pointe Buzaré
©Guyane la 1ère

Il y a 6 jours, les migrants de la pointe Buzaré recevaient leur notification. Une demande de quitter les lieux.  L’ordonnance de la préfecture ne leur laisse aucune chance et peu de temps pour s’organiser. Une solution d’hébergement doit leur être proposée mais sur place règne l’incompréhension. 

Le camp de la pointe Buzaré sera démantelé mercredi prochain. La préfecture l’a confirmé hier après-midi. L’État veut faire une démonstration de fermeté, et dans le même temps mettre à l’abri les personnes vulnérables : 152 personnes vont bénéficier d’un logement d’urgence.Une structure d’accueil a été installée à Suzini. D’autres demandeurs d’asile seront hébergés à Sinnamary, à l’hôtel du Fleuve.

L'incompréhension à la pointe Buzaré


L’incompréhension règne, la peur, l’appréhension de quitter la plage qui est désormais devenue leur maison. Osama réfugié syrien pensait que cela serait mieux. Sa demande d'asile a été refusée, il ne sait pas pourquoi.
Si certains migrants disent avoir été pris à partie par la police après s’être exprimés à la télévision, d’autres n’hésitent pas à parler aujourd’hui. Pour Osama, ça sera en anonymat, de profil mais sa vérité il va la dire :

Le gouvernement veut me faire la peau. Ils vont s'en prendre à moi en Syrie. Les gens ici ne nous aiment pas ... quand on marche dans la rue, on dit bonjour, ils nous regarde d'une façon négative, ils nous considèrent comme des animaux, je ne sais pas pourquoi...


Ce syrien de 28 ans, ingénieur civil dans son pays s’exprime en anglais. Il nous dit son inquiétude et l’incompréhension sans la moindre information depuis que le départ leur a été réclamé. La nuit dernière il n’a pas fermé l’œil sa tente coule de partout. Pour ce reportage nous avons des bottes aux pieds mais ici les sandales sont tout ce qu’ils ont alors quand on leur parle d’être relogés et de quitter la pointe Buzaré, la réaction est immédiate...

J'ai besoin de travailler, je veux être quelqu'un de bien, faire le bien en France mon nouveau pays mais l'Opfra refuse ma demande.

 

L'espoir d'être parmi les relogés


Pour Yazan, le sud de la Syrie est très loin, son prénom est celui d’un ancien roi de Dubaï, mais ici le jeune homme est loin de vivre comme un prince. Il vient de la même région qu’Osama et tous les deux ont fait le même trajet. D’abord Le Liban ensuite le Brésil et dernier point de chute la Guyane. C’est d’ailleurs aux autorités françaises que le jeune homme de 23 ans s’adresse maintenant qu’il sait qu’un logement leur sera peut être proposé :

D'abord, je remercie le gouvernement français pour tout ce qu'il fait pour nous et aussi lui demander de ne pas nous laisser à la rue. S'il nous vire d'ici que l'on nous reloge ailleurs ...


En principe les migrants de Buzaré doivent être logés dans deux hôtels de Guyane. Tous espèrent simplement avoir un toit sur la tête et retrouver la dignité.

Camp Buzaré : les migrants dans l'expectative.

 

 

 

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