Justice : trois jours de procès sur un trafic présumé de titres de séjour à la préfecture

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Un nouveau procès sur un trafic présumé de titres de séjour à la préfecture. Les faits présumés vont de 2014 à 2017. Huit personnes comparaissent. La plupart sont poursuivis pour corruption active ou passive, aide au séjour irrégulier, blanchiment et participation à une association de malfaiteurs. 

Un nouveau procès sur un trafic présumé de titres de séjour à la préfecture de Guyane. Les faits présumés vont de 2014 à 2017. Huit personnes comparaissent à partir de demain (lundi) devant le tribunal correctionnel, jusqu’à mercredi. La plupart sont poursuivis pour corruption active ou passive, aide au séjour irrégulier, blanchiment, et participation à une association de malfaiteurs. Parmi les prévenus, trois ex-fonctionnaires du bureau des étrangers, dont l'ancien chef du bureau au moment des faits.

Une lettre anonyme

En 2016, le préfet Martin Jaeger saisit le procureur après avoir reçu une lettre anonyme dénonçant des faits de corruption à la préfecture. Une enquête est ouverte. Suivront des dizaines d’auditions, des heures de gardes à vue, plusieurs confrontations, des écoutes téléphoniques et des examens de comptes bancaires. En 2019, le juge d’instruction renvoie huit personnes devant le tribunal correctionnel. L’audience a donc lieu deux ans plus tard. Parmi les prévenus, trois ex-fonctionnaires de la préfecture au moment des faits présumés, qui vont de 2014 à juin 2017. Deux agents du bureau des étrangers, et l'ancien chef du service.

3 à 5 000 euros par dossier

Ils sont soupçonnés d’avoir facilité l’obtention de titres de séjours ou de récépissés de demandes de titres, en échange de rémunérations. Selon l’enquête, chaque étranger demandeur déboursait de trois à cinq mille euros en général, somme répartie entre les fonctionnaires et les « intermédiaires ». L’un des agents est aussi suspecté d’avoir fait financer plusieurs dizaines de milliers d’euros de travaux à son domicile en contrepartie des services rendus. Lors de l’enquête, le chef du bureau a indiqué au juge d’instruction qu’il doublait ses revenus mensuels grâce à ce trafic présumé.

Des intermédiaires

Les cinq autres mis en examen sont des intermédiaires. Ils sont soupçonnés d’avoir participé à des degrés divers contre rémunération au recrutement des étrangers demandeurs, au montage des dossiers, pour la plupart aux transactions présumées avec les fonctionnaires et pour certains à la délivrance de fausses attestations d’embauche ou de domicile. Parmi ces intermédiaires présumés, Bertrand Moukin, un moment porte-parole des transporteurs lors du mouvement social de 2017.