L’extrême pauvreté à l'heure de la retraite pour une habitante de Cayenne

société cayenne
Retraitée en galère
Prudence vit de l'aide alimentaire ©Guyane la 1ère
Comment peut-on vivre avec 235 euros par mois ? C’est la réalité vécue par Prudence, une retraitée âgée de 63 ans. Née en Guyane, de nationalité française, elle vit au jour le jour, comptant chacun de ses euros
Une grande lassitude et un sentiment d’abandon, Prudence vit seule dans une cité populaire de Cayenne. Après avoir élevé ses six enfants et vingt-sept ans de vie professionnelle, elle a perçu l’AAH, l’Allocation d’Adulte Handicapé, un peu plus de 800 euros. L’an dernier, elle prend sa retraite à 62 ans. Fini l’AAH, ses revenus baissent brutalement :
 

Je n'ai que 235,42 euros pour m'en sortir avant le covid cela passait un peu. J'arrivais à m'en sortir en allant faire des petits jobs de repassage, de gâteaux, pas mal de choses mais là il n'y a plus rien.


Une fois payés le loyer et l’assurance habitation, il lui reste 56 euros par mois. Un vieux congélateur qui fait encore un peu de froid remplace le frigo. A l’intérieur, c’est presque vide :
 

Avant tous les mois j'allais à la boucherie maintenant niet même pas des oeufs je n'arrive plus à acheter ... je ne mange que du riz, du couac, de la sardine, des boîtes de conserves, même pas de la laitue, des légumes rien du tout...

Retraitée dans l'extrême pauvreté
Un congélateur quasiment vide ©Guyane la 1ère
 


Se nourrir grâce aux colis alimentaires

Prudence s’alimente grâce aux colis alimentaires donnés par la mairie. Elle n’a pas de carte vitale, malgré une demande faite il y a plusieurs mois, dit-elle et sa CMU a expiré. L’an dernier, elle s’est blessée au genou après une chute due à un trou dans un trottoir :

J'ai toujours mon genou maintenant qui me fait très mal, je n'ai même pas pu faire une radio, rien du tout...

 
Retraitée dans l'extrême pauvreté
©Guyane la 1ère

La Caisse Générale de Sécurité Sociale nous a répondu par mail. Selon la CGSS, la demande de carte vitale est en cours. Pour l’accès aux soins, Prudence doit demander la Complémentaire Santé Solidaire, qui remplace la CMU. Enfin, étant à la retraite pour inaptitude, elle pouvait bénéficier dès l’année dernière de l’ASPA, l’Allocation de Solidarité aux Personnes Agées, indique la sécu. Mais elle doit d’abord demander sa retraite à l’AGIRC ARCCO, puis remplir un dossier d’ASPA, précise la CGSS. Un parcours compliqué. Prudence a-t-elle été suffisamment accompagnée pour faire valoir ses droits ? Combien de retraités dans cette situation en Guyane ? Les questions sont posées.

 
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