Formation : fin de 30 contrats d'insertion à Macouria

famille macouria
Expulsion à la Savane Bordelaise à Macouria
©guyane 1ère
Ils auront travaillé au total 7 mois, 30 jeunes Macouriens n'ont pas obtenu de renouvellement au sein de l'entreprise de BTP pour laquelle ils travaillaient. Ils mettent en cause le gérant, dont le chantier est à l'arrêt depuis août dernier.
 
« C’est dommage », « des pratiques désolantes », « une situation inadmissible », voilà quelques-uns des mots entendus au sujet du programme de construction de 70 villas dans le secteur de Belhumeur à Macouria avec un fort volet social. Le projet impliquait le recrutement d’une trentaine de personnes éloignées de l’emploi,  en contrat d’insertion et leur accompagnement pour in fine une réinsertion durable. Les contrats ont été signés l’an dernier, au mois de mai, avec la société Bâtir, nouvelle sur le territoire guyanais.
Neuf mois plus tard, le chantier est au point mort depuis de longues semaines et l’essentiel du personnel, salariés en insertion et encadrants sont sur le carreau. 


Un programme attractif 

Sur le papier le projet était novateur à plus d’un titre. La construction des 70 villas par la société Bâtir devait se faire en ossature métallique, une technique visant à réduire les coûts et ainsi offrir une solution adaptée à la forte demande de construction en Guyane, mais plus largement en outremer. En assurant le chantier avec du personnel en quête de réinsertion professionnelle, avec la possibilité pour les plus motivés de s’installer à leur compte en tant que monteur levageur, le projet s’assurait par ailleurs l’intérêt des pouvoirs publics qui font de l’insertion par l’activité économique l’une de leur priorité.


Trop de retard sur le chantier

L’entreprise a, à ce titre, reçu un agrément de la part de la direction du travail, la DIECCTE ( direction des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi ). Mais voilà, le maître d’ouvrage du chantier la SCI Soleil outil de la caisse mutuelle complémentaire d’activités sociales d’EDF a mis fin au contrat de construction le 25 janvier dernier, en raison des retards répétés sur cette opération et l’absence d’activité sur le chantier. De son côté, l’entreprise parle de travaux concernant l’accès sécuritaire au chantier non réalisés par le maître d’ouvrage d’une part, et d’un ensemble de factures impayées à hauteur d’un million deux cent mille euros au total d’autre part. Le litige commercial est entre les mains de la justice nous assure-t-on du côté de la CMCAS EDF.


Des ouvriers sans emploi

Reste une situation sociale critique, la plupart des encadrants engagés au début du chantier ayant été licenciés au cours du second semestre 2018 et les salariés en réinsertion apprenant le non renouvellement de leur contrat au début de ce mois de février.
Au-delà des aspects financiers, c’est bien le coût humain qui interpelle. Les contrats ont pris fin techniquement le 31 décembre mais ils sont restés dans l’attente jusqu’au début du mois de février. C'est alors qu'il leur a été confirmé qu’il n’y aurait pas de prolongation de leurs contrats.

Témoignages des personnels


La direction se défend 

Une partie des salaires de ces contrats d’insertion était prise en charge par l’Etat, mais la DIECCTE a refusé dans un courrier daté du 21 janvier de prolonger l’agrément de la structure. Un refus motivé selon nos informations par la situation de l’entreprise et l’absence de fait de chantier d’insertion actif.
Serge Jean-Joseph le directeur de Bâtir l’affirme, l’entreprise est venue en Guyane pour s’investir sur le long terme. Dans un communiqué qui nous est parvenu hier soir le président du groupe CIOA auquel appartient l’entreprise Bâtir parle d’une campagne de désinformation au sujet des différentes accusations qui pèse sur la société.

 
Un programme de 9 millions d'euros
Le programme de construction de 70 villas en ossature métallique dans le secteur dit Belhumeur à Macouria est porté par les SCI Soleil et la CMCAS d’EDF (le premier est l’outil du second). Le projet est lancé depuis près de cinq ans si on tient compte des études. Il porte sur une enveloppe initial de 9 millions d’euros sur près de 4 hectares de terrain. Les villas devaient initialement être livrées en décembre 2017.
 Parmi les personnes recrutées en mai 2018 dans le cadre du chantier d’insertion on retrouve une vingtaine de personnes issues d’un djob dating organisé par le centre d’action sociale de Macouria, et pour le reste des jeunes venant de la Régie de Cayenne, du RSMA ou encore récemment sortis de prison.