Projet de décharge à Kourou : le bras de fer se poursuit entre les agriculteurs de Wayabo et le groupe Seché Environnement

environnement macouria
Réunion au lu=ycée agricole sur le projet de décharge à Wayabo
Rencontre entre une douzaine d’agriculteurs et les représentants du grouper Séché Environnement le 26 novembre ©Isabel Lerouge
Au lycée agricole de Matiti, le 26 novembre, une rencontre a eu lieu entre une douzaine d’agriculteurs et les représentants du groupe Séché Environnement, à l’origine du projet de site de traitement des ordures. A l’issue de 3h d’échanges parfois houleux, il n'y a pas eu d'avancée majeure.

"Je vous asssure qu’on est prêt à se battre.  On va la défendre notre histoire". 
C'est le cri de colère des agriculteurs de Wayabo opposés depuis quatre ans au projet d’un site d’enfouissement des déchets dans cette zone agricole.
Absence de concertation, compensations insatisfaisante, circulation quotidienne d'une vingtaine de camions sur une route fréquentée par les scolaires et non-respect des engagements signés. Les reproches pleuvent. " Il y a une charte qui a été signée en 2018 avec l’ensemble  des interprofessions et la chambre d’agriculteur et qui interdisait l’implantation de l’INDND en zone agricole. "

Une réunion pour rien?

Les agriculteurs présents lors de la réunion se disent conscients de la nécessité d’une nouvelle décharge pour la Guyane, mais pas dans de telles conditions précise Raphaël Stobinsky président association Akaw (Association Kouroucienne des Agriculteurs de Wayabo) :
"Nous on est en train de payer le poids du passé si vous voulez. Là on est à la limite où les maringouins doivent fermer. Depuis 10 ans. Et nous on nous dit c’est comme cela car on a plus trop le choix. Ça va fermer. "

Ce projet privé a été rendu possible par la vente d’une parcelle par un propriétaire terrien, cette installation de stockage de déchets non dangereux est réglementaire. Elle respecte la législation. Mais ne convainc pas.

Une enquête sociale est nécessaire pour établir les conséquences humaines et économiques de cette activité dans le voisinage directe d’exploitations agricoles, pour la plupart familiales, certaines spécialisées dans le bio, des maraîchers, des fruitiers, des éleveurs, des apiculteurs... Des projets de vie sont menacés.

"Il faut que les politiques dont on parle viennent nous rencontrer, discutent avec nous et qu’on trouve ensemble d’autres solutions sinon il y aura au mouvement agricole car on ne se laissera pas faire."


Le dossier de l’installation de stockage des déchets non dangereux est aujourd’hui en phase de recevabilité auprès des 31 administrations de Guyane. La dernière étape avant l’enquête publique. 
A noter que pendant que s’achevait cette réunion à Matiti, François Ringuet, le maire de Kourou, président de l’Association des maires de Guyane et président de la Communauté de communes des Savanes, l’un des deux plus importants futurs producteurs de déchets du site de stockage, apportait son soutien au projet du groupe Séché lors d’un entretien sur Radio Peyi.