A Matoury un squat de plus de 600 habitations se développe au vu et au su des autorités impuissantes

immigration matoury
Squat à Matoury face à la caserne des pompiers
Un immense squat à Matoury qui se développe tous les jours ©Guyane la 1ère

C'est une problématique qui semblent dépasser les autorités. D'un côté des squats démolis et de l'autre des zones illégales qui prennent de l'ampleur chaque jour. Illustration à Matoury, juste en face de la caserne des pompiers des centaines de personnes vivent à l'abri des regards.
 

 Derrière cette importante haie boisée, des maisonnettes à perte de vue. Nous estimons à près de 600 le nombre de cases installées. Le terrain n’appartient pas à la mairie mais à un groupe de promoteurs. Des privés qui auraient recensé plus de 1 500 habitations. A l'intérieur, se trouvent principalement des populations d’origine haïtienne comme Rosy dont nous avons changé le nom. Après l’assassinat de son mari en Janvier 2012 en Haïti avec qui elle a 4 enfants, cette femme de 47 ans se réfugie en Guyane. 9 ans après son arrivée, elle n’a pas toujours pas d’emploi, souffre du dos, a subi de multiples opérations et vit dans ce squat depuis bientôt 1 an avec l'angoisse de devoir en partir car elle ne paye pas régulièrement ce qu'elle doit.

La recherche de la sécurité malgré la précarité en Guyane

Plus loin, Lidis Destinée, 39 ans, carreleur de profession, papa de la petite Chris, 2 ans, lui aussi d’origine haïtienne est originaire du Sud de l’île. Ici, il est en situation irrégulière et vit avec sa femme Lorette. Il nous ouvre les portes de sa maison. La surface au sol est bétonnée, et le logement est équipé en électricité, une télévision, deux réfrigérateurs, des mois de récupération et de système D. Cet immigré se sent en sécurité sur le terrritoire de la Guyane, c'est le plus important pour lui.

Habitant du squat de Matoury
©Guyane la 1ère

Comme Lidis, de nombreuses personnes installées ici se sentent plus en sécurité sur le territoire de la Guyane que dans leur pays d’origine. La précarité vaut mieux que de risquer sa vie quotidiennement. Le squat lui grandit à vue d’œil. Aucune opération sur ce site n’est pour l’instant prévue à notre connaissance.

Squat : des autorités dépassées.

 

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