« Chanté Nwel » et cantiques de Noël : Une tradition vivace

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Groupe de musique Chiré ban'n
Groupe de musique Chiré ban'n ©Chiré Ban'n
La fête de Noël approche à grands pas, la situation sanitaire semble stable, les traditionnels cantiques et « chanté nwel » résonnent de plus en plus pour animer les soirées. Entre tradition et modernité l’histoire des « chanté Nwel », est indissociable de la société antillo-guyanaise.

Le « chanté nwel » est une tradition créole, qui commence dès le mois de décembre. Un moment de partage qui puise ses origines dans la tradition catholique, plus précisément les cantiques pour fêter l’arrivée de l’Enfant Jésus.

En Guyane, Armand Hidair passionné d’histoire et de patrimoine guyanais, revient sur ce qu’a été le traditionnel « Chanté Nwel ». On y apprend que les cantiques en 1850, étaient principalement en français. A l’époque la convivialité était primordiale. Des groupes passaient de maisons en maisons, ils chantaient, les propriétaires offraient une collation, c’était un moment de partage privilégié. 

Est arrivé le moment où les groupes folkloriques, et les associations culturelles, ont également décidé de se rassembler pour les « chanté Nwel ». Dans les années 1940-50, il y avait des « chanté Nwel » sur le parvis de la cathédrale Saint Sauveur de Cayenne, ou encore devant l’hôpital Jean Martial.

Le répertoire est bien codifié

Pour Armand Hidair « le vrai Chanté Nwel, pour les puristes, il n’y a pas de tambours, uniquement  le chant.  Le répertoire est bien codifié, avant le 25 décembre, on ne chante pas….Il est né le divin enfant, mais le chanté nwel s’est modernisé, il est devenu de plus en plus commercial, et un peu moins familial ».

Le chanté nwel avec tambours et musiciens

Le chanté Nwel moderne, se veut pour certains, avec des chanteurs, des pianistes, et des tambouyens. « la Bande à Pilou », une bande d’amis, qui a décidé de mettre les « chanté Nwel » au cœur de leur activité festive. Un groupe d’une dizaine de personnes, officiant lors de soirées, ou d’événements caritatifs. Créé en 2018, leur répertoire reprend les classiques, avec parfois une touche de fantaisie cubaine, pour le fameux « An Nou Chanté Nwel ».

La bande à Pilou
La bande à Pilou

Autre groupe bien connu pour ses « Chanté Nwel », Chiré Ban’n. Si le groupe a  commencé par le carnaval il y a de cela 35 ans, il est dans l’ambiance des « chanté Nwel » depuis plus de 25ans. Selon Franck Vieillot membre du groupe, « Chiré Ban’n, a vraiment été le premier groupe qui proposait des prestations de cette qualité pour les « chanté Nwel ». Nous sommes plus d’une vingtaine sur scène, on a notre touche musicale bien spéciale et inimitable, pour mettre une excellente ambiance.  Si on s’est lancé dans l’aventure des « chanté Nwel », c’était pour financer les défilés carnavalesques, finalement on a également adoré cette période et c’est devenu, incontournable à nos yeux ».

Chiré ban'n
Chiré ban'n ©Chiré ban'n

Cette année, Franck Vieillot sort un nouvel opus, un single sobrement intitulé « Chanté Nwel ». Une composition de Roméo Léter accompagné du groupe Chiré Ban’n, un projet musical qu’il dédie à son fils.

Franck Vieillot
Franck Vieillot ©Franck Vieillot

Chanté Nwel traditionnel, familial, ou un peu plus commercial, ce moment festif et convivial a le vent en poupe. Le couvre-feu pour l’instant n’est plus d’actualité et les « chanté Nwel » envahissent les maisons, les salles de spectacles et les supermarchés