La colère des policiers ne faiblit pas, ils expriment leur mal-être au sein de l'institution

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L'hôtel de police de Cayenne
L'hôtel de police de Cayenne ©Jocelyne helgoualch
Colère aussi au sein des policiers. Les forces de l’ordre font l’objet d’un grand mouvement de protestation dans toute la France. Le gouvernement a réagi et les décisions sont loin de plaire aux policiers qui eux attendaient plutôt du soutien.
Le début de la semaine a été marqué par les funérailles mardi à Houston au Texas de George Floyd  - ce Noir Américain tué le 25 mai par un policier blanc à Minneapolis. La veille, des manifestations anti-violence policière en mémoire d’Adama Traoré – décédé en 2016 - avait été immédiatement suivies d’annonces du ministre de l’intérieur : Christophe Castaner entendait interdire les clés d’étranglement.
Mais face à la fronde des syndicats policiers, l’ancien porte-parole du gouvernement a effectué jeudi un rétropédalage qui a mécontenté autant les associations anti-racistes que les syndicats nationaux et leurs antennes guyanaises.


Un mécontentement palpable

Des menottes au sol, à Toulouse, en signe de désapprobation ce jeudi. Des marches silencieuses de policiers un peu partout dans l’hexagone ce vendredi : les syndicats policiers n’ont pas du tout apprécié les récentes sorties du ministre de l’intérieur, Christophe Castaner, et ils le font savoir avec les moyens à leur disposition.
Rony-Clift Magne secrétaire départemental adjoint – Syndicat Alliance Police CFE-CGC justifie :

« Nous n’avons pas le droit de grève, c'est un moyen de manifester notre mécontentement afin que les autorités prennent la mesure du mal-être dans la police. »


Des techniques de self défense

A l’origine de la grogne de certains membres de la police nationale, l’éternel dilemme entre la possible violence des suspects et la possible violence des policiers : les associations de protection des droits de l’homme ont saisi l’opportunité de faire entendre leurs craintes d’avoir à faire face à une police toute-puissante. Côté policier on met en avant la rareté des débordements et surtout le besoin de techniques validées qui correspondent à l’âpreté du terrain.
Willy Ranguin Secrétaire départemental Unité SGP Police FO précise :

"Ce qu’il faut comprendre, c’est que nous policiers, pour travailler comme dans tout métier, il faut de la ressource en personnel mais aussi il faut de la ressource technique. Il nous faut un certain nombre de validations techniques pour pouvoir travailler, interpeler des gens et puis les maîtriser. Donc en fait cette clé sert à maitriser quelqu’un qui au préalable est violent"


Affaire à suivre...

Tolérance zéro pour la violence policière, suspension systématique en cas de propos et d’actes racistes avérés, interdiction des clés d’étranglement : Christophe Castaner avait tapé fort en réaction à la mobilisation populaire. Mais lors de sa visite aux syndicats de police ce jeudi, le ministre aurait dit regretter ces propos : manœuvre politicienne insuffisante pour les syndicats policiers nationaux et leurs antennes guyanaises qui se sentent lâchées.
Chaque camp brandit ses statistiques. S’ils ne proposent aucune solution tangible, les propos de Christophe Castaner donnent l’opportunité à la droite dure de condamner sa tolérance pour les manifestations interdites en ces temps de Covid-19, et à l’extrême droite une fenêtre de tir sur l’une de ses cibles préférées : le gouvernement en place.
Le reportage de Stéphane Floricien : 

 
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