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La crèche et la maison de quartier de Jacarandas remise en état par ses jeunes

En avril dernier, ils détérioraient la façade de la crèche et de la maison de quartier. Aujourd'hui, ce sont eux qui réparent les dégâts et embellissent les lieux. Eux, ce sont les jeunes de la cité Jacarandas à Cayenne, mobilisés toute la semaine du 30 juillet 2018.

Un jeune de la cité Jacarandas œuvrant sur la nouvelle fresque du la crèche et de la maison de quartier © Guyane la 1ère
© Guyane la 1ère Un jeune de la cité Jacarandas œuvrant sur la nouvelle fresque du la crèche et de la maison de quartier
  • Swann Vincent-Romney (Stagiaire) - Franck Leconte
  • Publié le
Un mur rempli de graffitis, parfois des croix gammées à peine masquées, et à quelques centimètres, une grande fresque en cours d'élaboration où figurent quelques personnages hauts en couleurs… Voici pour l'instant le contraste observable sur l’enceinte de la crèche Mo Pitit et l’ancienne maison de quartier de Jacarandas. Les jeunes du quartier cayennais se sont mobilisés depuis ce lundi 30 juillet 2018 pour remettre en état les façades des établissements qu'ils ont dégradé quatre mois auparavant. Un acte de "rédemption" pour abattre les clichés, avec le concours d'Ariane Fleurival (la directrice générale de la crèche Mo Pitit), qui n'a pas souhaité porter plainte contre les jeunes du quartier :

J'ai rencontré les jeunes, j'ai discuté avec eux et j'ai essayé de comprendre. Il m'ont expliqué qu'ils étaient très en colère parce qu'ils avaient des projets pour la maison de quartier et qu'ils n'ont pas été entendus. De colère, ils ont donc tagué les murs


Que s'est-il passé à Jacarandas en avril dernier ?


Rappelez-vous, c'était en avril dernier... Les jeunes de la cité Jacarandas avaient détérioré les murs de leur maison de quartier ainsi que ceux de la crèche "Mo Pitit", le bâtiment voisin. Un acte de colère de la part des jeunes habitants du quartier qui demandaient à être écoutés et pris en considération par les gérants de la maison de quartier qui eux, n'auraient "pas tenus leurs promesses". Ces promesses portaient notamment sur l'organisation de sorties, sur l'achat de matériel numérique, sur la création d'une salle de sport etc... comme l'expliquent Warrior et Rodewell :

Cette colère est due à plusieurs choses. Du fait qu'on nous ait fait des promesses qui n'ont jamais été tenues par rapport au gérant de la maison de quartier surtout. Il nous avait promis des sorties, des télés, des ordinateurs pour qu'on puisse travailler et tout ... - Warrior, jeune de 19 ans de la cité Jacarandas

 

On nous a oublié quelque part, comme si on nous avait mis dans un petit coin et puis voilà... - Rodewell, habitant de la cité Jacarandas de 21 ans


Des rêves, les jeunes de la cité Jacarandas en ont


Les jeunes de la cité Jacarandas nourrissent également le rêve de voir leur terrain de jeu rénové et la maison de quartier ré-ouverte avec des activités qui leur parlent. Ces rêves, c'est le jeune Marlon qui les a portés aux oreilles de Olivier Noblecourt, le délégué interministériel à la lutte contre la pauvreté des enfants, présent pour l'occasion. Il a également fait part de ses craintes quant à l'avenir de la maison de quartier :

J'espère bien que le local va se ré-ouvrir. Mais si le local s'ouvre... Ok. Mais est-ce que le local sera à nous (les jeunes) après ? C'est ça la question. Est-ce qu'ils ne vont pas en faire quelque chose d'autre ? Est-ce qu'ils ne vont pas en faire une école comme ils l'ont déjà fait à la cité Brutus ? Sans ça, qu'est ce que les jeunes vont faire ? [...] Ils vont grandir, ça va braquer, ça va s'ennuyer, ça va se battre ... Quelque chose de banal quoi ...


Pour l'heure, la maison de quartier est animée par l'Association Escale, et ce, depuis 1997. Cette même association a promis la remise en état du local et sa ré-ouverture avant la fin de l'année 2018.
 
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