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Disparu tragiquement le 13 mai Jonathan De Leon a été inhumé au cimetière de Cabassou à Cayenne

Il a perdu la vie le 13 mai poignardé dans la rue par un camarade. Jonathan De Leon avait 18 ans et rêvait d'une vie d'artiste. Le jeune homme a été inhumé le 25 mai à Cayenne. Dans le cortège funèbre sa famille, ses amis portaient tous un tee shirt à son effigie et marqué Rip Jonathan. 

Alexandra et Nahomi portent un tee shirt à la mémoire de Jonathan © CL
© CL Alexandra et Nahomi portent un tee shirt à la mémoire de Jonathan
  • Par Catherine Lama
  • Publié le , mis à jour le
La fête des mères sera à jamais une date désespérément triste pour Maria Isabel, la mère de Jonathan. Le 13 mai, elle a perdu son unique fils dans des circonstances dramatiques. Il a été poignardé par un de ses amis âgé de 16 ans pour des raisons qui demeurent encore obscures. Un acte d'une violence terrible qui a ébranlé la communauté dominicaine à Cayenne.
Incompréhension, douleur, les amis de Jonathan et de sa mère étaient nombreux pour accompagner le jeune garçon au cimetière de Cabassou où il a été enterré dans une atmosphère de grande tristesse.


"Il aimait vivre et il n'aimait pas l'injustice"

Une infinie tristesse qu'exprime bien, Alexandra, une amie très proche de la maman de Jonathan :

"Autour d'elle il y a sa mère, ses cousines, ses amis. On essaye d'être avec elle le plus possible. On est avec elle et on sera toujours avec elle. Tout le monde se sent concerné... il y a beaucoup de jeunes qui souffrent, qui ont de la peine. "

Jonathan était le trésor de Maria Isabel continue Alexandra, c'est la seule chose qu'elle avait dans la vie.

"Elle n'a plus envie et on la comprend, c'est difficile de perdre un enfant... quand Jonathan est arrivé ici, c'était un enfant malade. Il a été soigné et malheureusement quelqu'un lui a enlevé sa vie comme ça. On n'arrive pas à comprendre."

Alexandra soupire:

"Jonathan était joyeux, il donnait la paix, il aimait vivre et il n'aimait pas l'injustice"


Des amis dans le désarroi

Appuyés contre un mur non loin de la maison funèbre, deux des amis de Jonathan observent les allers et venues, le regard lointain.
Estirbenson, 17 ans habite au village chinois. Il ne cache pas son chagrin. Son ami Jonathan était doué pour la musique et ne cherchait jamais d'histoire :

"Jonathan était motivé par la musique. C'était son choix. Il aimait la boxe, c'était un bon gars qui aimait faire les gens rigoler ... et toujours avec son sourire."

Il ne comprend pas ce meurtre, il est amer et voici la leçon qu'il tire pour l'avenir :

"On pense qu'il faut chercher des trucs à faire et ne pas trahir ses propres amis. Il faut choisir de bien faire les choses et ne pas faire du mal. Considérer un ami comme un vrai ami. Il ne faut pas faire confiance à tout le monde"

Dany âgé lui aussi de 17 ans, lycéen se rappelle que la veille du drame, Jonathan et lui ont mangé une pizza. Il connaissait Jonathan depuis le collège alors qu'ils étaient en 5ème :

"Jonathan c'était un gars qui n'était jamais dans les problèmes. Il essayait tout le temps de trouver quelque chose à faire"

Son regard se voile :

"Cela me fait de la peine, sa mère avait un seul fils, cela me fait du mal de voir cela. Il donnait tout pour la musique et franchement son avenir était dans la musique et c'était un bon artiste. Il avait des projets avec le chanteur Popelane et bien d'autres."

Cette disparition brutale fait beaucoup réfléchir Dany, elle le choque :

"En ce moment je vois qu'il y a trop d'amis qui tuent d'autres amis... maintenant je marche tout seul parce qu'on ne sait pas qui sont les vrais qui sont les faux amis. Marcher tout seul c'est la meilleure solution et sortir moins de chez soi c'est encore mieux..."

Pour Dany, il y avait un "avant" avec un ami joyeux, Jonathan. Maintenant tout lui parait très incertain et dangereux. Nombre de ses amis marchent désormais armés car ils ne savent pas ce qu'ils vont faire demain. Pour lui, il n'y a qu'une solution :

"Je dis qu'il faut déposer les armes car cela ne sert à rien du tout... il faut régler les choses avec des paroles mais pas par la violence. On va se faire du mal encore plus. Faire du mal aux familles, aux personnes proches comme maintenant."

Les témoignages de Dany et Estirbenson

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