En Guyane aussi, les magistrats administratifs protestent contre la réforme de la haute fonction publique

justice
Tribunal de Cayenne
©Jocelyne Helgoualch

Trois jours de grève pour les magistrats administratifs. Ils protestent contre la réforme de la haute fonction publique. Un mouvement national largement suivi. Les magistrats estiment que cette réforme menace l’indépendance de la justice.

Ils disent non à la réforme de l’encadrement supérieur de la fonction publique en réaffirmant leur opposition à l’appel de deux organisations syndicales le syndicat de la juridiction administrative (SJA) et l’Union syndicale des magistrats administratifs (USMA). En conséquence ils ont déposé un préavis de grève inédit pour les 18, 19 et 20 mai 2021.

Une journée de grève

Cinq juges de la juridiction du territoire, basée à Cayenne, manifestent ce mercredi 19 mai, leur opposition à la réforme de la haute fonction publique. Pas question pour autant de pénaliser par cette grève le justiciable guyanais. D’autant qu’une audience est prévue jeudi 20 mai avec une quarantaine de dossiers inscrits au rôle.


Si le préavis de grève nationale prévoyait un mouvement de trois jours, en Guyane, les magistrats observent une seule journée de grève. En Guyane, le tribunal administratif traite en moyenne 1500 dossiers par an relatifs à des litiges entre les particuliers et l’administration. La spécificité locale : deux tiers des contentieux concernent les ressortissants étrangers, en particulier les reconduites à la frontière.

Indépendance de la justice

La réforme impose aux juges de passer deux fois, deux ans, dans les administrations au cours de leur carrière. Pour pouvoir bénéficier d’une promotion à l’avenir, il faudra quitter sa qualité de juge pour aller se mettre au service de l’administration.

Autre point, l’obligation d’effectuer deux mobilités statutaires pour avancer dans son évolution professionnel. Actuellement, près de 16% du corps est en mobilité. Il manque des magistrats, selon les syndicats "il en manquera donc encore plus" . En clair, selon les magistrats « cette obligation de mobilité menace la magistrature de carrière, l’indépendance et l’impartialité de la justice. »