Expulsé la veille de sa défense devant la cour d'appel

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Carte de séjour
©Guyane1ere
Ce mercredi 14 septembre 2016, un ressortissant haïtien en situation irrégulière devait répondre devant la cour d'appel mais une procédure de reconduite à la frontière a rendu caduque la convocation, l'homme ayant quitté le territoire dans la nuit pour Haïti.
Maître Christine Charlot, avocate au Barreau de Cayenne est une avocate en colère. En effet, elle ne pourra pas défendre son client convoqué ce mercredi 14 septembre 2016 devant la cour d’appel de Cayenne.
Et pour cause, son client, un ressortissant haïtien en situation irrégulière a été reconduit la nuit du 13 au 14 par avion vers Port au Prince en Haïti. L’avocate n’a donc pas pu dénoncer devant la cour d’appel l’irrégularité de l’arrêté d’obligation de quitter le territoire de son client. Un arrêté avec un délai de recours de 48 heures, au lieu des 2 mois normalement. Maître Charlot défendait aussi un autre étranger présent à l’audience pour le même motif. La cour d’appel a conclu à l’irrégularité de la procédure et fait libérer cette personne.
Le client de Maître Charlot reconduit en Haïti se nomme Richardson Pierre, il a 20 ans. Pierre débarque en Guyane début 2015 pour rejoindre ses parents suite au décès en Haïti de sa tante qui l’hébergeait.
Dans sa famille, à Rémire-Montjoly, c’est l’incompréhension. Le père de Richardson est effondré, arrivé en 2002 en Guyane, ce maçon en situation régulière ne comprend pas l’expulsion de son fils. De plus, il a peur pour Pierre, sachant qu'il n'y a plus personne en Haïti pour l'accueillir.
Selon la Cimade, l’association de défense du droit des étrangers, 15 ressortissants haïtiens ont été reconduits de Cayenne vers Port au Prince dans un vol spécialement affrété dans la nuit de mercredi à jeudi. Parmi eux, trois devaient aussi comparaître devant le tribunal administratif, l’un a laissé en Guyane deux enfants sans tuteur légal.

Le reportage de Laurent Marot et Nicolas Pouillot