Le gouvernement a 8 jours pour lever l'interdiction de rassemblement dans les lieux de culte après un avis du Conseil d’Etat

religion
Conseil d'Etat
Vue de la façade du Conseil d'Etat, à Paris. ©Manuel Cohen / AFP
Le Conseil d’Etat a émis un avis sur la liberté de culte. Saisie en référé par plusieurs associations et requérants individuels, la plus haute juridiction administrative a estimé que l’interdiction générale et absolue de réunion dans les lieux de culte n’était pas conforme.
 
Le Conseil d’Etat a émis un avis sur la liberté de culte. Saisie en référé par plusieurs associations et requérants individuels, la plus haute juridiction administrative a estimé que l’interdiction générale et absolue de réunion dans les lieux de culte n’était pas conforme.
 

Huit jours pour lever l'interdiction

Le gouvernement a huit jours pour lever l’interdiction de rassemblement dans les lieux de cultes. Ce lundi 18 mai, le Conseil d’Etat a émis un avis estimant que l’interdiction « générale et absolue » de réunion dans les lieux de culte maintenue malgré le début du déconfinement portait « une atteinte grave et manifestement illégale » à la liberté de culte. Pour fonder sa décision, le juge des référés observe que « des mesures d’encadrement moins strictes » peuvent être prises, à l’image de « la tolérance des rassemblements de moins de 10 personnes dans d’autres lieux ouverts au public prévue dans le décret du 11 mai régissant le déconfinement. »
Le juge conclut par conséquent que « l'interdiction générale et absolue présente un caractère disproportionné au regard de l'objectif et constitue ainsi, eu égard au caractère essentiel de cette composante de la liberté de culte, une atteinte grave et manifestement illégale à cette dernière. »
 

Une petite victoire pour les croyants.

L’église Catholique est satisfaite de cette décision. Monseigneur Emmanuel Lafont précise que le déconfinement est préparé de très longue date dans les paroisses.
Questions à...Monseigneur Lafont, Evêque de Guyane
Emmanuel Lafont Evêque de Guyane ©Patrick Nègre
Monseigneur Emmanuel Lafont Evêque de Guyane commente :

"Nous sommes assez satisfaits de cette décision du Conseil d’Etat. Nous nous y attendions. D’ailleurs, le Premier ministre a annoncé au Sénat que les cultes pourraient rouvrir le 28 mai. Cette décision me parait aujourd’hui évidente. Nous préparons le déconfinement depuis des semaines en visioconférence avec les évêques de France. Nous envisageons la multiplication des messes dans la journée pour éviter la foule, nous avons réfléchi également aux gestes barrières. Il n’y a pas de raison que les messes ne soient pas célébrées."


Retrouver sa liberté de culte

Même satisfaction chez les évangéliques, deuxième courant religieux chrétien en Guyane. Il draine des centaines de fidèles dans les lieux de culte. A l’Assemblée du Ministère de l’Evangile, le leader Marcel Kouaménan se félicite de la reprise prochaine des cultes…
Pasteur Marcel Kouaménan
Pasteur Marcel Kouaménan
Le Pasteur Marcel Kouaménan réagit :

"En ma qualité de responsable de plusieurs églises en France, il était important et judicieux que le droit constitutionnel puisse émettre un avis sur la liberté des cultes. Nous comprenons très bien le besoin de sécurité et de protection des populations, mais c’était excessif et disproportionné. La foi en Dieu aide et  donne de l’espérance aux populations dans ces moments d’incertitude créés par l'épidémie du coronavirus. Nous attendons l'autorisation pour que nos cultes reprennent avec bien sûr la mise en place des recommandations de protection du ministère de la Santé." 


Les croyants vont enfin pouvoir reprendre le chemin des offices religieux. Se réunir dans une église, un temple, une synagogue ou une mosquée devrait bientôt être possible. Une liberté retrouvée.
 
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