Haïti : le Premier Ministre accusé du meurtre du Président par le commissaire du gouvernement

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Ariel Henry
Ariel Henry, le premier ministre d'Haïti, lors du quatrième Conseil des ministres qui statuait notamment sur la mise en place du Comité de reconstruction nationale et sur l'Accord politique pour une gouvernance "apaisée et efficace de la période intérimaire" ce lundi 13 septembre ©FB Primature de la République d'Haïti
Le chef du parquet de Port-au-Prince a demandé l’inculpation d'Ariel Henry. Ce dernier aurait échangé par téléphone avec l’un des principaux suspects du meurtre du président Jovenel Moïse. Le premier ministre dénonce des manœuvres pour semer la confusion

L'enquête sur l'assassinat du président Jovenel Moïse mené par un commando armé le 7 juillet dernier se poursuit en Haïti. Ce mardi 14 septembre, le commissaire du gouvernement Bed-Ford Claude, l'équivalent du procureur, a adressé une lettre au tribunal de première instance de Port-au-Prince, lui demandant d'inculper le Premier Ministre.

Dans le courrier, il explique qu'Ariel Henry aurait été en contact téléphonique avec l'un des principaux suspects du meurtre, Joseph-Félix Badio, toujours très recherché dans le cadre de cette affaire. Pour Bed-Ford Claude, il existe donc suffisamment d’éléments compromettants.
Vendredi 10 septembre, déjà, il avait invité le chef par intérim du gouvernement à venir se présenter au parquet. Il a également donné les détails de ces fameux échanges avec le suspect qui se seraient tenus quelques heures après l’homicide. Détail troublant: le téléphone de Joseph-Félix Badio aurait borné dans le même quartier où se situe la résidence de Jovenel Moïse.

Ariel Henry a, dès le lendemain démenti ces accusations.

 Mais cela ne semble pas freiner les accusations de Bed-Ford Claude, qui a par ailleurs demandé au directeur de l’administration migratoire d’interdire le Premier Ministre de quitter le territoire en raison de ces sérieuses présomptions.