Insécurité : les bonnes réponses sont les moins évidentes

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Les femmes de l'association Famn Dibout à la CCIG
Les femmes de l'association Famn Dibout à la CCIG le 22 juin ©MJL
Il y a du sens que la société civile s’occupe des affaires qui la concernent. Initiative utile et intéressante de l’association Fanm Dibout de mettre les autorités face à la population sur la question de l’insécurité.
Intéressante aussi l’initiative d’une pétition à porter au ministre de l’intérieur. Au final quelles sont les solutions pour régler le problème ? Les réponses sont plus compliquées que celles qui sautent au yeux, même si on peut entendre la tentation de demander plus de forces de l’ordre. Ces mêmes forces qui vont très vite nous insupporter parce qu’elles ne pourront pas se contenter de courser les bandits. Elles vont nous demander à tous de respecter la loi et ce n’est pas ce que nous aimons le plus.

Evidemment qu’il faut signer la pétition. Evidemment qu’il faut louer la persévérance de Fanm Dibout et de son icône Tatie Léodate. Evidemment que le niveau d’insécurité en Guyane est intolérable. Evidemment que la saisine directe de ministre de l’Intérieur va marquer les esprits. Et puis, et puis…
Une fois qu’on a souligné que la société civile sait s’occuper d’affaires qui la concernent et que c’est un signal fort, il se passe quoi. Quelles solutions contre l’insécurité ? Un policier derrière chacun de nous. Plus de prisons ? Les travaux forcés, donner aux policiers le droit de tirer à vue, donner une existence légale aux milices, armer le citoyen. Il n’y a là, aucune bonne réponse à la complexité du problème de banalisation de la violence et d’insécurité.
C’est comme si ces jeunes, capables d’exhiber des « guns » en pleine boites de nuit n’avaient plus le sens des choses. Ils tirent et « piquent » avec une telle facilité qu’on est enclin à se demander s’ils savent que la mort est définitive dans la vraie vie.
S’il faut de la répression, les études et l’expérience montrent que le tout répressif n’aboutit à rien. Pour casser la spirale de l’insécurité, il faut donc autre chose… Plus d’Education. Oui, tout part de là. Education qui va déclarer une guerre sans merci à la déscolarisation.
Education qui va scolariser tous ceux qui doivent l’être et mettre en formation les autres.
Education qui va donner des parents conscients et responsables.
Education qui va contrecarrer les grossesses précoces.
Education qui va annihiler toute envie d’ingurgiter des boulettes de cocaïne.
Education qui va remettre au centre des exigences collectives les valeurs travail, partage des espaces pour une vivre ensemble… enfin effectif.
Mieux à même de penser leur vie, de réfléchir et de se projeter (en clair, beaucoup plus intelligents), cette frange de nos jeunes qui posent aujourd’hui problème sauront faire la part des choses… et les violences reculeront. Un long processus ! Très long même !
En attendant, les pansements proposés (à coup de postures et d’incantations) vont nous rassurer, un temps mais la violence sera toujours là, parce que structurelle, et le nombre de prisons ou de fessées comme seule réponses n’y changeront rien. Il faudra de la persévérance donc du temps. L’enjeu est de déconstruire l’existant, poser de vraies et fortes fondations (qui sont les comportements des adultes d’aujourd’hui) et enfin reconstruire.