Journée mondiale de la rage en Guyane : tous concernés dans la lutte contre la maladie

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Chien
Image d'illustration ©Pixabay
Le dernier cas de rage humaine recensé en Guyane remonte à l'année 2008. Pourtant, ce virus n'a pas quitté le territoire. Des animaux en sont encore porteurs. La journée mondiale de la rage se tient ce 28 septembre 2022, l'occasion de rappeler les gestes à adopter pour éviter la maladie.

Depuis 2007, le 28 septembre est la journée mondiale de la rage. Cette date est associée au décès du créateur du vaccin contre la rage, le célèbre Louis Pasteur. En Guyane, où la première édition se tient cette année, le dernier cas de rage humaine remonte à 2008 et le dernier cas de rage canine était en 2015. Sur notre territoire, il existe un centre antirabique, il se situe au Centre Hospitalier de Cayenne (CHC).

660 personnes ont consulté le centre antirabique en 2021

"Sa mission est de prendre en charge toute personne qui a été exposée a un risque de contamination au virus de la rage", nous explique Brigitte Roman-Laverdure, infirmière et autrice du bilan d’activités du centre antirabique de 2021. Ce centre travaille en collaboration avec des médecins, des services vétérinaires, l'Institut Pasteur et l'ARS. Il est composé de plusieurs infirmières et d'un médecin référent. L'établissement recense les signalements de morsure de tout le territoire.

Il s'agit aussi de traitements préventifs, notamment destinés aux professionnels souvent exposés à ce risque. L'année dernière, 660 personnes ont consulté le centre antirabique, dont 20 % avait moins de 15 ans. 71 % des consultations étaient liées à une morsure de chien et 14 % de chauves-souris. Par ailleurs, 75 % des animaux contacts étaient des animaux domestiques, mais seulement 16% avaient une vaccination contre la rage à jour. C'est la raison pour laquelle une telle journée existe.

Le message à faire passer aujourd'hui, c'est que tout le monde est concerné par cette lutte. Beaucoup de personnes pensent que la rage n'existe plus en Guyane, alors qu'elle est bien présente. Tout le monde doit apporter sa pierre à l'édifice. Ça doit passer par les propriétaires d'animaux (qui doivent les vacciner contre la rage, NDLR), mais aussi les personnes victimes de morsure ou de griffure, et même les professionnels".

Brigitte ROMAN-LAVERDURE, infirmière au centre antirabique de Cayenne

L'importance de la vaccination des animaux domestiques

La rage se transmet de l'animal (tous les mammifères : chien, chat, singe, cochon bois, paresseux, pian et les chauves-souris) à l'Homme. Par exemple, une chauve-souris porteuse du virus peut le transmettre à un humain ou le transmettre à un chien, qui contaminera un humain par la suite. La transmission se fait par contact direct : une morsure, une griffure ou un léchage quand l'animal enragé est en phase d'excrétion salivaire.

C'est la raison pour laquelle la vaccination  des animaux domestiques contre la rage est importante. Il faut le faire tous les trois ans, voire chaque année. Pour cette même raison, Brigitte Roman-Laverdure rappelle qu'il faut également éviter de s'approcher des animaux sauvages et errants. Et oui, cela implique aussi d'éviter de nourrir les singes que vous voyez à l'Îlet la Mère

Que faire en cas de morsure ou de griffure ?

Vous avez été mordu par un animal porteur de la rage ? Prenez les coordonnées du propriétaire de l'animal qui vous a mordu si possible, lavez la plaie (au moins 15 minutes) dès que possible avec de l'eau et du savon, utilisez un désinfectant pour nettoyer la plaie, consultez votre médecin pour évaluer la gravité de la plaie.

Enfin, téléphonez au centre antirabique pour savoir quoi faire (0594 39 51 00). Il se trouve au CHC, au sein de la consultation UMIT. Il est ouvert du lundi au vendredi de 9h00 à 15h00. Ces gestes sont très importants. Et pour cause, une fois que les signes sont déclarés, la personne infectée a 100 % de risque de mourir.  

En moyenne, ça prend entre trois semaines et trois mois pour que la maladie atteigne le cerveau (plus la plaie en est proche, plus la période d'incubation est courte, NDLR) [...] Une fois que la personne se présente [au centre antirabique], elle reçoit un traitement, mais avant, il y a un suivi. La personne n'est pas censée surveiller d'apparition de symptôme sur elle, mais sur l'animal mordeur. C'est ce qui permettra de déterminer si elle a réellement été exposée.

Brigitte ROMAN-LAVERDURE, infirmière au centre antirabique de Cayenne

Il est donc important de récupérer les coordonnées du propriétaire de l'animal mordeur quand vous en avez la possibilité. Dans le cas contraire, le traitement peut quand même être administré.